Chers amis, 

Les hommes et les femmes naissent égaux en droit, mais pas face au froid. 

Si vous partagez votre vie avec une personne du sexe opposé, vous avez dû remarquer depuis longtemps que l’un de vous deux est sensiblement plus frileux que l’autre

Ces différences existent également entre personnes du même sexe, cela va sans dire ; les personnes fines voire maigres sont plus sensibles au froid que, disons, celles plus « enrobées » : la graisse protège du froid. 

C’est une question de métabolisme. 

Mais en ce qui concerne la différence de sensibilité au froid entre hommes et femmes, cela va plus loin que cette « simple » question de métabolisme. 

Nous ne sommes pas tous égaux face au froid, ni métaboliquement, ni physiologiquement, ni dans notre expérience immédiate de la sensation thermique. 

Votre corps possède un système de régulation de la température contrôlé par l’hypothalamus – votre centre cérébral qui surveille en permanence vos températures internes et externes via des thermorécepteurs disséminés dans la peau et les tissus profonds. 

Quand il fait froid, votre métabolisme augmente, vos vaisseaux se contractent, vos muscles frissonnent pour produire de la chaleur. 

Ce système de thermorégulation ne fonctionne pas tout à fait de la même façon chez les hommes et chez les femmes. 

Et pour cause ! 

La thermorégulation commence dès la perception du froid. 

Or les études montrent que certaines différences physiologiques entre hommes et femmes influencent cette perception[1] :

  • La testostérone chez les hommes inhibe un canal sensoriel appelé TRPM8, impliqué dans la détection du froid, ce qui peut réduire la sensibilité à des températures basses. Chez des rats, la sensibilité au froid augmente dès qu’on diminue la testostérone[2]. Chez les femmes, ce récepteur est plus actif, ce qui accroît la sensation de froid.
  • Les femmes ont généralement moins de masse musculaire et plus de tissu adipeux non thermogénique, ce qui signifie moins de production interne de chaleur.
  • Les hormones féminines (œstrogènes, progestérone) influencent également le flux sanguin vers les extrémités, ce qui peut conduire à des mains et pieds plus froids. Une étude de l’Université de l’Utah a montré une différence moyenne d’environ 1,6°C de température de surface des mains entre hommes et femmes[3].

Ces mécanismes biologiques sont des statistiques d’ensemble, pas des absolus qui définissent chaque individu.

La recherche récente, par exemple une étude publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences, nuance beaucoup ces différences : lorsque l’on tient compte de la taille corporelle, du métabolisme au repos et de la distribution de la graisse, les réponses physiologiques au froid peuvent être très similaires entre hommes et femmes[4]. 

Les différences observées parfois ne seraient alors pas essentiellement liées au genre, mais à des caractéristiques corporelles individuelles.

Autrement dit, la taille et la composition d’une personne sont plus importantes que son genre pour déterminer le moment où elle commence à avoir froid. 

Vous pouvez vous sentir à l’aise en short et en sandales même en hiver, alors que d’autres ont invariablement froid sans chapeau ni pull. 

Vos préférences en matière de température extérieure sont directement liées à l’intensité de votre métabolisme.

Les personnes ayant une masse musculaire plus importante et un corps plus large ont tendance à brûler plus de calories au repos que les personnes plus petites. 

Et si la graisse est isolante, elle peut également empêcher la chaleur générée d’atteindre les extrémités du corps.

Or c’est ici, ô merveille, que la boucle se boucle : les femmes étant statistiquement plus petites et ayant souvent plus de masse graisseuse que les hommes, et ces derniers plus de masse musculaire que les femmes… il est logique que ces paramètres influencent leur sensibilité au froid, et leur capacité à y répondre ! 

Et vous, avez-vous constaté cette différence de sensibilité au froid avec votre partenaire ? Vous pouvez me répondre en commentaire. 

Portez-vous bien, 

Rodolphe


[1] https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/11/21/pourquoi-les-femmes-sont-elles-plus-
sensibles-au-froid-que-les-hommes_6158168_4355771 – William Audureau & Romain Geoffroy,
« Pourquoi les femmes sont-elles plus sensibles au froid que les hommes ? », in Le Monde, 17
janvier 2023

[2] Dimitra Gkika, Stéphane Lolignier et al., « Testosterone-androgen receptor : the steroid link inhibiting TRPM8-mediatedcold sensitivity », in The Faseb Journal, 11 avril 2020

[3] https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(05)78875-9/abstract – Han
Kim, Clark Richardson et al, « Cold hands, warm heart », in The Lancet, vol 351. Issue 9114, 16
mai 1998

[4] Robert J. Brychta, Shan Huang et al, « The thermoneutral zone in women takes an “arctic” shift compared to men », in Proceedinfs of the National Academy of Sciences, 30 juin 2023