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Alternatif Bien-Etre11 février 20265 min754 vues
11 commentaires

Vous avez plus froid que votre partenaire (ou l’inverse) ? C’est normal

Rodolphe Bacquet 11 février 2026

Chers amis, 

Les hommes et les femmes naissent égaux en droit, mais pas face au froid. 

Si vous partagez votre vie avec une personne du sexe opposé, vous avez dû remarquer depuis longtemps que l’un de vous deux est sensiblement plus frileux que l’autre

Ces différences existent également entre personnes du même sexe, cela va sans dire ; les personnes fines voire maigres sont plus sensibles au froid que, disons, celles plus « enrobées » : la graisse protège du froid. 

C’est une question de métabolisme. 

Mais en ce qui concerne la différence de sensibilité au froid entre hommes et femmes, cela va plus loin que cette « simple » question de métabolisme. 

Nous ne sommes pas tous égaux face au froid, ni métaboliquement, ni physiologiquement, ni dans notre expérience immédiate de la sensation thermique. 

Votre corps possède un système de régulation de la température contrôlé par l’hypothalamus – votre centre cérébral qui surveille en permanence vos températures internes et externes via des thermorécepteurs disséminés dans la peau et les tissus profonds. 

Quand il fait froid, votre métabolisme augmente, vos vaisseaux se contractent, vos muscles frissonnent pour produire de la chaleur. 

Ce système de thermorégulation ne fonctionne pas tout à fait de la même façon chez les hommes et chez les femmes. 

Et pour cause ! 

La thermorégulation commence dès la perception du froid. 

Or les études montrent que certaines différences physiologiques entre hommes et femmes influencent cette perception[1] :

  • La testostérone chez les hommes inhibe un canal sensoriel appelé TRPM8, impliqué dans la détection du froid, ce qui peut réduire la sensibilité à des températures basses. Chez des rats, la sensibilité au froid augmente dès qu’on diminue la testostérone[2]. Chez les femmes, ce récepteur est plus actif, ce qui accroît la sensation de froid.
  • Les femmes ont généralement moins de masse musculaire et plus de tissu adipeux non thermogénique, ce qui signifie moins de production interne de chaleur.
  • Les hormones féminines (œstrogènes, progestérone) influencent également le flux sanguin vers les extrémités, ce qui peut conduire à des mains et pieds plus froids. Une étude de l’Université de l’Utah a montré une différence moyenne d’environ 1,6°C de température de surface des mains entre hommes et femmes[3].

Ces mécanismes biologiques sont des statistiques d’ensemble, pas des absolus qui définissent chaque individu.

La recherche récente, par exemple une étude publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences, nuance beaucoup ces différences : lorsque l’on tient compte de la taille corporelle, du métabolisme au repos et de la distribution de la graisse, les réponses physiologiques au froid peuvent être très similaires entre hommes et femmes[4]. 

Les différences observées parfois ne seraient alors pas essentiellement liées au genre, mais à des caractéristiques corporelles individuelles.

Autrement dit, la taille et la composition d’une personne sont plus importantes que son genre pour déterminer le moment où elle commence à avoir froid. 

Vous pouvez vous sentir à l’aise en short et en sandales même en hiver, alors que d’autres ont invariablement froid sans chapeau ni pull. 

Vos préférences en matière de température extérieure sont directement liées à l’intensité de votre métabolisme.

Les personnes ayant une masse musculaire plus importante et un corps plus large ont tendance à brûler plus de calories au repos que les personnes plus petites. 

Et si la graisse est isolante, elle peut également empêcher la chaleur générée d’atteindre les extrémités du corps.

Or c’est ici, ô merveille, que la boucle se boucle : les femmes étant statistiquement plus petites et ayant souvent plus de masse graisseuse que les hommes, et ces derniers plus de masse musculaire que les femmes… il est logique que ces paramètres influencent leur sensibilité au froid, et leur capacité à y répondre ! 

Et vous, avez-vous constaté cette différence de sensibilité au froid avec votre partenaire ? Vous pouvez me répondre en commentaire. 

Portez-vous bien, 

Rodolphe


[1] https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/11/21/pourquoi-les-femmes-sont-elles-plus-
sensibles-au-froid-que-les-hommes_6158168_4355771 – William Audureau & Romain Geoffroy,
« Pourquoi les femmes sont-elles plus sensibles au froid que les hommes ? », in Le Monde, 17
janvier 2023

[2] Dimitra Gkika, Stéphane Lolignier et al., « Testosterone-androgen receptor : the steroid link inhibiting TRPM8-mediatedcold sensitivity », in The Faseb Journal, 11 avril 2020

[3] https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(05)78875-9/abstract – Han
Kim, Clark Richardson et al, « Cold hands, warm heart », in The Lancet, vol 351. Issue 9114, 16
mai 1998

[4] Robert J. Brychta, Shan Huang et al, « The thermoneutral zone in women takes an “arctic” shift compared to men », in Proceedinfs of the National Academy of Sciences, 30 juin 2023

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11 commentaires

  1. Martine

    OUI c’est vrai je suis beaucoup plus sensible au froid (et au chaud) que mon époux. Parfois c’est un peu la dispute…

  2. Christian

    Comme à chaque fois, je découvre vos articles qui suscitent chez moi beaucoup d’intérêt…..
    J’ai constaté que je suis ( nettement) plus résistant au froid que mon épouse…mais aussi aux fortes chaleurs !
    Paradoxalement, mes mains sont froides à un point tel que beaucoup de personnes s’en rendent compte lorsqu’elles me serrent la main.
    Je signale, en outre, que je suis sportif régulier ( marche rapide, vélo, fitness…), que ma femme est plutôt sédentaire et que je sui devenu plus frileux avec l’âge ( 72 )
    Bien à vous

  3. Valérie

    Pendant plus de 30 ans, j’ai été plus frileuse que mon mari qui faisait beaucoup de musculation. Depuis que je m’y suis également mise, je peux constater que je ne me considère plus comme  » une frileuse » alors que les années ont passé (j’ai 61 ans).

  4. Christophe

    Bonjour,
    De mon côté, quelque chose de vraiment particulier : quand j’ai chaud, ma compagne à froid. Quand elle a chaud, j’ai froid ! Et le plus bizarre, c’est qu’aussi loin que je m’en souvienne, çà a toujours été comme cela avec toutes mes précédentes relations. C’est toujours le Yin et le Yang !! Une explication ?

  5. Evelyne

    J ai toujours froid meme a l intérieur de mon corps ( parfois on dirait que mon sang se glace
    J ai 70 ans 160 cm et 44 kgs et syndrome Raynaud et engelures l hiver aux pieds
    Merci pour vos parutions

  6. Pascale

    Dans mon cas ayant perdu 9 kilos et étant déjà maigre, j ai tjs froid l hiver, tandis que mon mari n e sens jamais le froid et habitant dans un pays humide cela n aide pas,
    Merci pour votre article que je vais faire lire a mon mari
    PS: j ai 69ans

  7. Bernard

    Perso, je suis plus frileux que ma femme.
    Je vois souvent les femmes se promener en débardeur alors que les hommes ont plusieurs couches.
    Apparemment les femmes sont moins frileuses que les hommes ,mais peut-être que je me trompe!

  8. Corinne

    Bonjour, mon métabolisme a changé à ma première grossesse. J’ai rarement froid, et je transpire plus facilement qu’avant. Mes mains sont toujours très chaudes et je dois sortir les pieds de dessous la couette si je veux réguler ma température la nuit. Mais j’élimine peu et je suis en obésité.

  9. Ali

    Objet : Question concernant testostérone, cancer de la prostate et troubles circulatoires

    Bonjour,

    Et encore bravo pour vos articles. J’ai souvent des questions qui restent malheureusement sans réponse, et je me permets aujourd’hui de vous écrire.

    Je lis régulièrement vos publications, et dernièrement votre article sur la prostate a particulièrement retenu mon attention. Je suis en effet très inquiet : j’ai 69 ans, et mon taux de testostérone est bien au-dessus de la norme. Il est très élevé, à 32,97 nmol/L.

    Or, je suis atteint d’un cancer de la prostate. D’après mes lectures, la testostérone pourrait nourrir les cellules cancéreuses. Pourriez-vous me confirmer ce point, sachant que mon PSA est de l’ordre de 6 ?

    Par ailleurs, ce matin, je lisais votre article sur la température corporelle régulée par l’hypothalamus. Je me pose la question suivante : existe-t-il un lien entre mon taux élevé de testostérone et les engelures que j’ai aux pieds, ainsi que mes doigts qui deviennent très rouges ? On m’évoque une mauvaise circulation sanguine et l’on me conseille simplement de porter des gants.

    Je suis cependant à la recherche d’un traitement ou d’un médicament qui pourrait agir plus efficacement sur ce problème.

    Je vous remercie par avance pour votre compréhension et votre retour.

    Enfin, j’aimerais vous inviter à intervenir auprès d’un groupe que j’ai constitué, composé de personnes atteintes d’un cancer de la prostate. Une visioconférence serait particulièrement intéressante. Nous nous inscrivons dans une démarche de médecine intégrative et souhaitons développer ces approches.

    Bien cordialement,

  10. Françoise

    Je vois une nette différence entre mon mari et moi au niveau de la tête. J’ai une masse de cheveux dont tous les coiffeurs et coiffeuses me félicitent et je ne mets que très rarement bonnets ou chapeaux. Mon mari est très dégarni voir piste à mouches sur le haut du crâne et ne sors jamais sans bonnet en hiver.

  11. Francette

    Bonjour Rodolphe,
    En ce qui me concerne, je suis beaucoup plus frileuse que lorsque j’étais mince voire très mince, ou alors ce phénomène s’explique par mon âge : + de 70 ans.
    Merci pour vos lettres.
    Belle journée.

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