Chers amis,
Le problème avec les théories du complot… c’est qu’elles sont souvent justes.
Je ne vous parle pas, ici, de théories farfelues comme celle qui affirme que la Terre est plate, défendue en dépit du bon sens par les « platistes ».
Mais de théories touchant directement à notre santé, notre quotidien et notre environnement :
« L’État vous surveille massivement et collecte vos données personnelles via les géants de la Tech »
-> VRAI, comme révélé par Edward Snowden en 2013[1] ;
« Le virus du SARS-CoV-2 est une manipulation génétique échappée d’un laboratoire »
-> « HYPOTHÈSE LA PLUS PROBABLE », comme l’a reconnu fin 2024 la commission d’enquête du congrès américain[2] ;
« Un vaste réseau de prostitution pédophile sous-tend les relations entre les « puissants » de ce monde »
-> PIRE ENCORE QUE CE QUE L’ON CRAIGNAIT, comme nous le confirme ad nauseam les « révélations » jour après jour autour de Jeffrey Epstein.
Certaines « vieilles » théories du complot ne seront probablement jamais confirmées ou infirmées (comme celle autour de l’identité de l’homme au masque de fer emprisonné sous Louis XIV) ; d’autres attendent leur moment de vérité (comme celles concernant l’assassinat de JFK, ou les petits hommes verts de Roswell) et enfin…
… il y a celles qui se révèlent justes après plusieurs décennies d’omerta.
C’est ce qu’il vient de se produire, il y a quelques jours.
La déclassification de documents militaires américains confirme ce que le Pr Christian Perronne révélait à mon micro il y a quelques mois au sujet de l’origine inavouable de la maladie de Lyme (l’interview est accessible gratuitement ici)[3].
La maladie de Lyme, 50 ans après
Au milieu des années 1970, plusieurs enfants tombent mystérieusement malades dans deux petites villes des États-Unis.
Leurs symptômes déroutent les médecins : douleurs articulaires intenses, fatigue écrasante, troubles neurologiques.
Au départ, les médecins pensent à une forme inhabituelle d’arthrite.
Mais quelque chose ne colle pas, notamment la présence d’une éruption cutanée très localisée, la jeunesse des tout premiers patients et, surtout la multiplication des cas, concentrés autour d’un endroit très précis : les villes de Lyme et Old Lyme dans le Connecticut, qui donneront leur nom à la maladie, la borréliose de Lyme.
Le germe responsable de la borréliose de Lyme est identifié dès 1982 par un bactériologiste et entomologiste américain d’origine suisse, Willy Burgdorfer : il s’agit d’une bactérie transmise essentiellement par des tiques.
La bactérie provoquant la maladie de Lyme porte ainsi le nom de son « inventeur » : Borrelia burgorferi.
Mais Burgdorfer avait fait une autre découverte qu’il n’avait pas le droit de divulguer publiquement, selon le Pr Perronne.
Pourquoi une telle concentration de maladies de Lyme à une période et dans une zone aussi resserrées ?
La bactérie Borrelia burgdorferi, bien qu’identifiée à la fin du XXe siècle, infecte l’être humain depuis des millénaires.
C’est, si vous voulez, la même affaire qu’avec la peste et Alexandre Yersin : ce fléau n’a pas attendu que son bacille soit découvert au siècle dernier par un chercheur suisse (encore !) et qui lui donnerait son nom (forcément) au siècle dernier pour ravager l’Europe et l’Asie par vagues régulières.
Ainsi, le plus vieux « patient » infecté la borréliose de Lyme identifié n’est nul autre que notre cher Ötzi[4], cette momie des glaces âgée de plus de 5000 ans découverte dans les Alpes en 1991.
Mais un détail a, je vous l’ai dit, rapidement intrigué plusieurs chercheurs : c’est la géographie.
C’est-à-dire la concentration des premiers cas dans les villes de Lyme et Old Lyme, mais également le fait qu’à une vingtaine de kilomètres seulement de Lyme se trouve une petite île au passé pour le moins… sensible.
Plum Island, l’île laboratoire
Au large de Long Island se trouve Plum Island, un centre de recherche biologique créé dans les années 1950[5].
Officiellement, on y étudiait les maladies animales susceptibles de menacer l’agriculture américaine.
Mais des archives tout récemment déclassifiées révèlent que la réalité y était, disons, moins « bisounours ».
Durant la Guerre froide, les États-Unis ont développé un vaste programme de recherches d’armes biologiques.
Plusieurs laboratoires participaient à ces recherches, dont le (tristement) célèbre Fort Detrick, dans l’État du Maryland.
On l’a notamment identifié comme origine probable de la souche mortelle du bacille du charbon envoyée par la poste et responsable de la mort de cinq personnes aux États-Unis au début des années 2000[6].
Or, il s’avère que Plum Island faisait partie de cet écosystème.
Des documents militaires indiquent que des chercheurs y ont étudié différents vecteurs de transmission de maladies.
Et parmi eux, devinez qui ? Les tiques !
L’idée géniale (et glaçante) d’une arme biologique… très discrète
Pendant la Guerre froide, les stratèges militaires explorèrent toutes sortes d’armes biologiques.
Certaines sont spectaculaires.
D’autres, au contraire, sont conçues pour être invisibles.
L’idée est simple : utiliser des insectes ou des parasites pour transmettre des maladies (moustiques, puces, tiques).
Ces vecteurs ont un avantage stratégique évident : ils passent inaperçus.
Une population infectée ne soupçonne pas forcément une attaque.
Plusieurs programmes américains ont ainsi étudié ce qu’on appelait les armes entomologiques.
Le principe consistait à infecter des insectes ou des parasites avec un agent pathogène, puis à les disséminer dans l’environnement.
Il s’agit du « projet 112 », décrété dès 1962 par le secrétaire américain à la Défense, Robert McNamara et décrit comme « aussi vaste et secret que le projet Manhattan » (celui qui aboutit à l’élaboration de la première bombe atomique en 1945).
Tellement secret qu’il a été catégoriquement nié par les autorités américaines jusqu’en 2000.
Ce programme comprenait 134 essais programmés entre 1962 et 1974, avec des installations de production capables d’élever 100 millions de moustiques infectés par mois et 50 millions de puces par semaine.
Il ne s’agit pas d’une « idée en l’air », sans jeu de mots, mais d’une recherche visiblement appliquée très rapidement : en 1962, la CIA aurait « déversé » des milliers de tiques infectées sur Cuba, comme l’établit Robert Malone, biologiste américain et pionnier des travaux sur l’ARN messager[7] :
« Des documents déclassifiés et le témoignage d’un agent de la CIA décrivent le déploiement, en 1962, de tiques infectées contre les travailleurs cubains des plantations de canne à sucre dans le cadre de l’opération Mongoose, l’effort de l’administration Kennedy pour déstabiliser le régime de Fidel Castro.
« L’agent, aujourd’hui septuagénaire, a déclaré aux chercheurs que « la chose la plus étrange qu’il ait jamais faite a été de larguer des tiques infectées sur des travailleurs cubains des plantations de canne à sucre » à l’aide d’avions de transport C-123 effectuant des missions nocturnes « rasant presque la surface des Caraïbes pour éviter les radars cubains » ».
« De retour de Cuba, le fils de quatre mois de l’agent a développé une forte fièvre nécessitant une intervention chirurgicale d’urgence. Son supérieur à la CIA lui a conseillé de « brûler tous les vêtements que vous avez emportés à Cuba. Brûlez tout », laissant entendre des risques de contamination.[8] »
Une « théorie du complot » à la plausibilité très troublante !
Depuis plusieurs années, certains médecins et chercheurs, parmi lesquels le Pr Perronne, avançaient une hypothèse dérangeante.
Et si la maladie de Lyme, dans sa forme contemporaine, n’était pas apparue par hasard ?
Le scénario évoqué était le suivant : dans les années 1950 ou 1960, des expériences auraient été menées avec des tiques infectées par différents agents pathogènes.
Mais comme souvent avec les agents biologiques, le contrôle total est illusoire, un animal s’échappe, ou bien un oiseau migrateur transporte des tiques infectées, ou bien encore une fuite accidentelle se produit.
Peu à peu, les tiques contaminées s’installent dans l’environnement.
Puis, quelques années plus tard, apparaissent les premiers cas humains.
Justement dans la région de Lyme.
Or, « Le Centre de recherche sur les maladies animales de Plum Island se situe à seulement 21 kilomètres de Lyme, dans le Connecticut, où la maladie a été identifiée pour la première fois. De 1952 à 1969, le centre était géré par le Corps chimique de l’armée américaine pour la recherche sur la guerre biologique, avant d’être transféré au ministère de l’Agriculture. »
« L’établissement « menait fréquemment ses expériences en plein air », avec des défaillances reconnues en matière de confinement, où « les animaux de laboratoire se mêlaient aux cerfs sauvages, les oiseaux de laboratoire aux oiseaux sauvages ». Richard Endris détenait « plus de 200 000 tiques molles et dures de diverses espèces dans des nurseries sur Plum Island, collectées personnellement dans des endroits aussi éloignés que le Cameroun, en Afrique » ».
« La faune sauvage circulait régulièrement entre Plum Island et le continent. « Les cerfs de Lyme nageaient régulièrement jusqu’à Plum Island, et les oiseaux locaux s’y rendaient en avion pour se nourrir d’insectes « , créant ainsi des voies directes permettant aux agents pathogènes de laboratoire d’atteindre les populations sauvages.[9] »
2019 : une question posée au Congrès américain
Cette hypothèse n’est plus seulement discutée dans des cercles de chercheurs indépendants.
En 2019, le Congrès américain s’en est officiellement saisi.
Un amendement a demandé au Pentagone d’examiner si des recherches avaient été menées sur les tiques comme vecteurs d’armes biologiques entre 1950 et 1975.
La question posée était claire : ces programmes ont-ils pu jouer un rôle dans la propagation de la maladie de Lyme ?
Le Pentagone a reconnu que des recherches sur les insectes vecteurs avaient bien existé… Mais que cette recherche était « purement défensive et axée sur le diagnostic, la prévention et le traitement des infections par armes biologiques. »[10]
Ben voyons !
Des dizaines de dizaines de documents déclassifiés (via FOIA, témoignages d’agents de la CIA, rapports du Congrès et archives militaires) établissent désormais un lien direct entre cette activité de recherche en armes biologiques et la brusque explosion, à partir du début des années 1970, de la maladie de Lyme sur un arc-de-cercle de la côte Est américaine dont le centre est bel et bien Plum Island.
Ces documents attestent notamment qu’entre 1966 et 1969, 282 200 tiques marquées au carbone 14 (pour les suivre au compteur Geiger !) ont été relâchées en Virginie le long des routes de migration des oiseaux (l’« Atlantic Flyway ») dont des populations se sont ensuite établies sur Long Island – exactement là où les premiers cas de Lyme ont été identifiés en 1975.
Il reste à répondre à cette question : pourquoi la maladie de Lyme version XXe siècle est-elle infiniment plus virulente et répandue qu’avant dans l’histoire de l’humanité ?
Le mystérieux « agent suisse »
Un autre élément intrigue les historiens des programmes biologiques américains.
Dans certains documents militaires déclassifiés apparaît le nom d’un agent expérimental appelé “Swiss Agent” (« agent suisse »).
Ce terme apparaît dans des archives de Fort Detrick, le principal centre de recherche américain sur les armes biologiques pendant la Guerre froide.
Selon ces documents, le “Swiss Agent” désignait un agent pathogène étudié pour ses propriétés particulières : il pouvait être transmis par des vecteurs biologiques comme les insectes ou les arthropodes.
Or cet agent suisse, Rickettsia helvetica de son nom savant, est un co-pathogène qui pourrait expliquer les formes chroniques sévères de Lyme.
Et c’est ainsi qu’on retrouve, au cœur d’une maladie, une bactérie présente depuis des millénaires, mais qui est « boostée » par l’implantation d’un co-pathogène la rendant bien plus dangereuse.
Ce que souligne Robert Malone, c’est que la classification de ces documents pendant 6 décennies a vraisemblablement empêché la recherche d’élaborer une solution vraiment efficace contre les formes sévères et/ou chroniques de Lyme.
Que de temps perdu !
Combien de patients en errance médicale !
Et combien, aujourd’hui encore, de cas non diagnostiqués ?!
Tout ça pour s’entendre dire « c’est dans votre tête » par des médecins incrédules, jusqu’à ce qu’ils aient la chance de tomber sur un Christian Perrone.
Une fois encore je vous invite à voir ou revoir mon entretien avec le Pr Perronne sur ce sujet.
Portez-vous bien,
Rodolphe
Sources :
[1] Martin Untersinger, « Ce que les “révélations Snowden” ont changé depuis 2013 », in. Le Monde (Pixels), 13 septembre 2019, https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/09/13/ce-que-les-revelations-snowden-ont-change-depuis-2013_5509864_4408996.html
[2] ATS/kkub, « Un rapport américain considère la fuite d’un laboratoire chinois comme la probable origine du Covid-19 », in. RTS Info, 3 décembre 2024, https://www.rts.ch/info/monde/2024/article/un-rapport-americain-considere-la-fuite-d-un-laboratoire-chinois-comme-la-probable-origine-du-covid-19-28714857.html
[3] Alternatif Bien-Être, « La vérité CACHÉE sur la maladie de Lyme », in. YouTube, s. d., https://www.youtube.com/watch?v=gZ5a1La9dY4&t=19s
[4] Les Découvertes archéologiques, « Ötzi aurait souffert de la maladie de Lyme », in. Les Découvertes archéologiques (blog), 7 mars 2012, https://decouvertes-archeologiques.blogspot.com/2012/03/otzi-aurait-souffert-de-la-maladie-de.html
[5] Wikipédia, « Plum Island (New York) », in. Wikipédia, 5 mars 2025, https://fr.wikipedia.org/wiki/Plum_Island_(New_York)
[6] Martin Enserink, « Mystères et misères d’un laboratoire militaire », in. Courrier international, 1er octobre 2003, https://www.courrierinternational.com/article/2002/09/05/mysteres-et-miseres-d-un-laboratoire-militaire
[7] Robert W. Malone, « Declassified Documents Link U.S. Bioweapons Program to Lyme Disease Outbreak », in. Malone News, 4 mars 2026, https://www.malone.news/p/declassified-documents-link-us-bioweapons?utm_campaign=post-expanded-share&utm_medium=web&triedRedirect=true
[8] Robert W. Malone, « Declassified Documents Link U.S. Bioweapons Program to Lyme Disease Outbreak », in. Malone News, 4 mars 2026, https://www.malone.news/p/declassified-documents-link-us-bioweapons?utm_campaign=post-expanded-share&utm_medium=web&triedRedirect=true
[9] Robert W. Malone, « Declassified Documents Link U.S. Bioweapons Program to Lyme Disease Outbreak », in. Malone News, 4 mars 2026, https://www.malone.news/p/declassified-documents-link-us-bioweapons?utm_campaign=post-expanded-share&utm_medium=web&triedRedirect=true
[10]Robert W. Malone, « Declassified Documents Link U.S. Bioweapons Program to Lyme Disease Outbreak », in. Malone News, 4 mars 2026, https://www.malone.news/p/declassified-documents-link-us-bioweapons?utm_campaign=post-expanded-share&utm_medium=web&triedRedirect=true

2 commentaires
Evidemment, super intéressant. Je commenterai le terme « complotiste » en disant qu’il ne faut pas utiliser l’arme sémantique de l’ennemi. Je ne sais pas ce qu’est un complotiste, mot inventé pour discréditer les clairvoyants, par les comploteurs qui, eux existent ..
Rodolphe, les oiseaux ne se rendent pas « en avion » pour se nourrir d’insectes : ils savent le faire tout seul !
Bravo pour le reste.