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Alternatif Bien-Etre29 mars 202615 min818 vues
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Loana, patiente zéro

Rodolphe Bacquet 29 mars 2026

Chers amis,

En médecine, le « patient zéro » est le premier cas officiellement identifié d’une épidémie naissante ou d’une nouvelle maladie.

Alzheimer a eu sa patiente zéro, Auguste Deter, qui a permis au Dr Aloïs Alzheimer de décrire le premier la maladie, le sida a eu son patient zéro, le covid également…

La quête et l’identification du « vrai patient zéro » constitue parfois un motif de recherches à mi-chemin entre le médico-légal et l’archéologie : un certain Albert Gitchell, cuisinier de l’armée américaine, a par exemple été identifié comme le patient zéro de la Grippe espagnole, mais il est plus que probable que la maladie avait déjà tué plus tôt, et ailleurs – aujourd’hui encore son « tracé » reste débattu.

Le Dr Luc Périno a écrit un brillant et passionnant livre au sujet des patients zéro – ironiquement publié moins d’une semaine avant l’ordre de confinement du président Macron en 2020 ! – qui se lit comme un roman et que je vous recommande vivement (réf. en source[1]).

Si vous suivez l’actualité, il ne vous aura pas échappé qu’a été annoncée, cette semaine, le mort de Loana.

Loana : son seul prénom suffit à vous rappeler qui elle était ; pourtant, vous aviez oublié jusqu’à son existence avant qu’elle ne fasse, une dernière fois, parler d’elle dans la presse suite à la découverte de son corps à Nice.

Sa célébrité brutalement acquise il y a un quart de siècle en a fait, malgré elle, la « patiente zéro » d’un mal qui s’est, depuis, propagé de façon épidémique.

Le XXIème siècle a été très ponctuel : l’année 2001 a donné franchement le ton de ce qui nous attendait au cours des décennies suivantes, en tout cas jusqu’à ce jour.

La mémoire collective française retient en effet surtout de 2001 deux évènements sidérants – sidérants parce que télévisuels : le 11-septembre, et Loft Story.

Nous vivons toujours dans l’ère post-11-septembre : une ère marquée par le terrorisme islamique, l’interventionnisme états-unien et des images de guerre et de chaos tournant en boucle sur les écrans.

Mais à peine quelques mois plus tôt, en cette même année 2001, ce sont d’autres images qui tournaient en boucle sur les écrans de télévision français.

Les images d’un groupe de jeunes gens (je ne sais plus combien ils étaient) enfermés dans un studio géant et filmés 24h/24 sous le prétexte d’un « jeu de télé-réalité ».

J’étais encore un adolescent, à cette époque, mais j’étais déjà cinéphile et je me souviens très bien m’être dit que les films The Truman Show, avec Jim Carrey, et Ed TV, avec Matthew McConaughey, que j’avais vus respectivement trois et deux ans plus tôt au cinéma, avaient été à la fois prémonitoires et en-deçà de la réalité.

Dans ces deux films, le personnage principal est en effet suivi 24h/24 par des caméras pour servir de matière à un « reality show » qui passionne l’Amérique entière, en flattant son goût pour le voyeurisme. Le premier à son insu, le second avec son consentement.

Lorsque l’émission « Loft Story » a déboulé sur M6 en 2001, non seulement le succès a été au rendez-vous, non seulement ce succès était fondé sur l’instinct voyeuriste du public, mais ce que n’avaient pas prévu les films que j’ai cités, c’est que ce dont se régalerait le plus le public était ce qu’il y avait de plus sordide et vulgaire à montrer.

Ainsi, si j’ai bon souvenir, les premières scènes à avoir tourné en boucle suite à l’entrée des participants dans le « loft » étaient celles d’une participante demandant « qui c’est qu’a pété ? »

Et le présentateur, les commentateurs et les téléspectateurs de s’esclaffer face à ce grand moment de télévision : un authentique prout, et la réaction qu’il occasionne.

Voilà qui a mis le public, et la postérité, au parfum de ce qu’était la « télé-réalité ».

Et c’est dans ce terreau composé des plus obscènes interactions humaines qu’est « née » médiatiquement la première « star de la télé-réalité », Loana.

Loana est du jour au lendemain – ou plutôt d’une nuit à l’autre – devenue la star de cette « première saison » de Loft Story en étant filmée faisant l’amour avec un compagnon de cellule, pardon, un co-participant à cette émission télé-réalité, dans une piscine.

Même si vous n’aviez pas regardé l’émission le jour J, vous étiez tout de même au courant le lendemain car tout le monde ne parlait que de ça.

Les images ont largement débordé le cadre de l’émission et de la chaîne M6. Reprises, commentées, disséquées par la presse, elles ont offert au programme une publicité aussi massive qu’inattendue.

Un homme et une femme avaient fait l’amour pour la première fois en direct à la télévision.

Quel évènement !

La pornographie, jusque-là reléguée aux chaînes cryptées ou aux diffusions tardives, s’invitait en prime time. Et, détail décisif, il ne s’agissait pas d’acteurs mais de « gens ordinaires ».

Loana, la « star » et la « vedette » de Loft Story, comme l’ont encore rappelé les médias en annonçant sa mort ces derniers jours, est « née » de cette seule séquence.

Un quart de siècle plus tard, je suis frappé de voir à quel point ladite séquence, qui reste dérangeante, est pleine d’un sous-texte mythologique mais comme dévoyé, altéré.

Lorsque Loana a été « castée » pour participer à la toute première émission de télé-réalité diffusée en France, nul doute que son physique avantageux faisait d’elle, aux yeux des producteurs, une bonne candidate pour devenir une vedette de télé.

Grande, blonde, aux codes de la féminité médiatique de l’époque (elle avait un petit côté Ophélie Winter, vedette télé lancée par la même chaîne), elle apparaissait comme une Vénus cathodique en puissance. Il ne lui manquait qu’un moment fondateur.

Ce moment a eu lieu dans une piscine, comme une matrice artificielle. La « naissance » de la star s’est opérée dans ce liquide amniotique improvisé, via un acte intime diffusé en direct à des millions de téléspectateurs.

On a là une forme de monstruosité mythologique : Loana s’y engendre symboliquement elle-même, dans un geste où (pro)création et exposition se confondent, où naissance et sexualité se superposent.

C’était la « Naissance de Vénus », non plus la version de Botticelli, mais celle des codes de la télévision du XXIème siècle, qui ont fait de l’indécence le moteur de l’audimat.

Malgré son physique et sa « séquence séminale », Loana ne m’a jamais inspiré ni désir ni mépris, mais plutôt de la tristesse.

Sous son physique de bimbo, elle avait l’air d’une gentille fille, douce et complètement dépassée par la brusque notoriété dont elle bénéficié – même si le terme « bénéficié » n’est sans doute pas le terme adéquat, comme la suite de sa vie l’a prouvé.

Je n’oserai pas écrire qu’elle n’avait pas de talent car je n’en sais rien, mais une chose est sûre : ça n’est pas à son talent qu’elle devait sa richesse et sa célébrité, mais au fait de s’être retrouvée au centre d’une machine médiatique cynique et, à tout point de vue, grossière, laquelle a exploité sans vergogne son image et sa réputation.

Passé ce brusque et somme toute assez bref moment de célébrité nationale, Loana a connu ce que l’ensemble de la presse a unanimement qualifié de « descente aux enfers » : problèmes d’addiction à l’alcool et aux antidépresseurs, violences conjugales subies dans trois relations successives, neuf tentatives de suicide en deux ans.

Comme par un effet miroir, cette trajectoire destructrice avait culminé l’an passé par une humiliation publique dans le média même qui l’avait rendue célèbre, la télévision, opérée par ce maître contemporain de la vulgarité cathodique, Cyril Hanouna[2].

Loana a payé, au prix fort, quelques mois d’une notoriété basée sur son seul physique et sa participation docile à une entreprise de voyeurisme médiatique aussi vertigineuse que cruelle.

Tout ça pour mourir chez elle dans un tel état de solitude et d’abandon que son corps n’a été trouvé par la police que plusieurs jours plus tard après son décès. 

Je ne connais pas les causes physiques de la mort de Loana, mais j’en connais les causes humaines et morales, qui font d’elle la patiente zéro d’un mal du siècle qui s’est depuis répandu de façon ahurissante.

En France, Loana a été la pionnière d’un phénomène dont personne ne pouvait prévoir l’ampleur.

Jusqu’alors, pour une femme, pour devenir riche et célèbre, il fallait soit être bien née (princesse, ou à défaut épouser un prince), soit être dotée d’un certain talent.

Avoir un joli minois et des mensurations affriolantes pouvait vous aider, mais ça ne suffisait pas.

La postérité a totalement oublié les starlettes qui ont fleuri dans les années 1960 dans le sillage d’une Brigitte Bardot ou d’une Ursula Andress, mais elle n’a pas oublié ces deux dernières, qui étaient (ou qui sont, Andress est encore vivante) dotées d’un magnétisme, voire d’un mystère, palpables à l’écran.

Lorsque la téléréalité s’est imposée dès 2001, il n’a plus été question de talent : pour se faire remarquer et encenser, bref, pour « réussir », il fallait certes être photogénique, mais surtout abandonner toute pudeur, et accepter de dire ou faire devant les objectifs ce que à quoi toute personne équilibrée est normalement réfractaire.

Loana, dans ce jeu médiatique ou seules l’apparence et l’outrance primaient, a logiquement été effacée par d’autres « stars », avec beaucoup de guillemets, dont l’envie d’être célèbre a été poussée par une floppée de programmes de télé-réalité.

« La nouvelle star », « Star Academy », « Top chef », « Les Anges de la téléréalité », etc., etc. ont ainsi engendré une série d’épigones de Loana, dont certaines étaient tout aussi fragiles qu’elle, et d’autres ont décompensé leur instabilité mentale par la criminalité, comme Nabilla – « auteure » du célèbre « non mais allô quoi »  – condamnée par la justice pour avoir poignardé son petit ami, puis par la DGCCRF pour pratiques commerciales trompeuses sur Snapchat[3].

Malgré tout, ces jeunes femmes ont servi de modèle à tout une génération de jeunes personnes qui voulaient, elles aussi, obtenir leur ration de paillettes et qui ont été confortées dans l’idée que le narcissisme et le culte superficiel des apparences sont payants.

Car ils sont payants, littéralement. Et permettent même de très bien vivre.

Et c’est précisément là que le phénomène a changé d’échelle.

Avec l’arrivée des réseaux sociaux, ce qui relevait encore, au tout début des années 2000, d’un système centralisé et maîtrisé – quelques chaînes de télévision, quelques producteurs, quelques émissions – s’est dissous dans un espace sans centre, sans filtre et sans limite apparente.

Il n’y a, désormais, plus besoin d’être sélectionné pour entrer dans un « loft ».

Chacun peut construire le sien, chez soi, dans sa chambre, avec pour seules caméras un smartphone et pour seul public une foule anonyme, potentiellement mondiale.

La logique est restée la même, mais elle s’est accélérée, intensifiée, banalisée.

Ce que Loana avait incarné de manière exceptionnelle est devenu un modèle reproductible à l’infini.

Des milliers, puis des centaines de milliers de jeunes femmes – et d’hommes, mais le phénomène touche plus violemment les premières – se sont mises à rejouer, chacune à leur échelle, la même scène originelle : s’exposer, se montrer, se raconter, se mettre en scène, parfois se dénuder, souvent s’exagérer.

Non plus une fois, dans une piscine filmée par M6, mais chaque jour, sur Instagram, Snapchat, TikTok ou OnlyFans.

Là où Loana était une exception, une anomalie médiatique, les « influenceuses » sont devenues une norme culturelle.

Elles ne sont plus une poignée : elles sont une armée.

Et surtout, elles ne sont plus perçues comme des victimes potentielles d’un système, mais comme des modèles de réussite.

Elles ont engendré à leur tour plusieurs modes, comme celles de recourir à la chirurgie esthétique de plus en plus jeunes afin de rehausser leurs pommettes et grossir leurs lèvres, ou de s’expatrier à Dubaï pour vivre, dans le luxe, de l’étalage de leur image.

(et c’est ainsi qu’on les a vues monter en catastrophe avec leur fer à lisser dépassant de leur sac pour prendre dans un avion de rapatriement suite aux attaques iraniennes !)

À la différence de Loana, beaucoup d’entre elles donnent l’impression de maîtriser les codes.

Elles parlent de « stratégie de contenu », de « personal branding », de « monétisation ».

Elles transforment leur image en entreprise, leur quotidien en produit, leur intimité en marchandise.

Le fond du mécanisme n’a pas changé, il s’est industrialisé : ce qui attire, ce qui capte, ce qui retient, ce n’est toujours pas le talent au sens classique du terme, mais l’exposition de soi, souvent poussée jusqu’à ses limites les plus ambiguës.

Plus on montre, plus on existe. Plus on s’expose, plus on est visible.

Et plus on est visible, plus on « vaut » – financièrement, symboliquement, socialement.

Dans cette économie de l’attention, la pudeur devient un handicap concurrentiel. La retenue, la mesure, sont des tares.

Il ne s’agit plus seulement de plaire, mais de retenir, de provoquer, de susciter une réaction, quelle qu’elle soit.

Le beau ne suffit plus ; il faut qu’il soit commenté « vu » et « liké » des milliers de fois.

Le quotidien ne suffit plus ; il faut qu’il soit scénarisé, mis en scène.

Ainsi, ce que Loana avait subi comme une fulgurance brutale – cette transformation instantanée d’individu en image, en personnage public offert à la célébration superficielle de tous – est aujourd’hui recherché, cultivé, optimisé, valorisé.

Je pense toutefois que le prix à payer, lui, n’a pas disparu.

Il est moins spectaculaire, peut-être, que la « descente aux enfers » médiatisée d’une star de télé-réalité, mais plus diffus, plus insidieux.

Car vivre en permanence sous le regard des autres, dépendre de leur approbation, mesurer sa valeur à des chiffres – likes, vues, abonnés – n’est pas sans conséquence.

C’est une forme de tension continue, une exposition sans répit, une fragilité structurelle. Et je ne vous parle même pas des tourments de l’âme !

Derrière ces sourires filtrés et ces vies parfaitement cadrées, combien de solitudes, d’angoisses, de dépendances nouvelles ?

Et surtout : combien de jeunes filles, d’adolescentes, aujourd’hui, voient là un modèle à suivre, un idéal à atteindre ?

Loana était seule face à des millions de regards. Les influenceuses, elles, sont des millions à se faire face les unes aux autres, dans une compétition silencieuse, permanente et sans merci.

Puisse le triste destin de Loana au moins servir d’avertissement à toutes les jeunes femmes qui misent sur l’image qu’elles renvoient d’elles-mêmes et l’admiration sur laquelle elles entendent capitaliser pour vivre.

Je serai heureux de connaître votre sentiment sur cette « épidémie » dont Loana était la patiente zéro.

Portez-vous bien,

Rodolphe


[1] Luc Périno, Patients zéro – Histoires inversées de la médecine, éd. La découverte, 2020

[2] « Cyril Hanouna « humiliant » avec Loana : ce nouveau camouflet reçu par l’animateur avant sa rentrée très attendue », Free, 21 avril 2025 ; disponible sur https://portail.free.fr/divertissement/people/cyril-hanouna-humiliant-avec-loana-ce-nouveau-camouflet-recu-par-lanimateur-avant-sa-rentree-tres-attendue/

[3] « L’influenceuse Nabilla paie 20 000 euros d’amende pour pratiques commerciales trompeuses sur Snapchat », Le Monde, 28 juillet 2021 ; disponible sur https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/07/28/l-influenceuse-nabilla-paie-20-000-euros-d-amende-pour-pratiques-commerciales-trompeuses-sur-snapchat_6089795_3234.html

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61 commentaires

  1. Laurence

    Tout à fait d’accord avec votre point de vue, merci d’avoir exploré ce sujet clivant avec autant de finesse, et une pensée compatissante pour Loana, victime du clinquant et des paillettes qui l’ont éblouie, que dis-je, aveuglée… requiescat in pace.

  2. Dominique

    Merci Rodolphe pour ce commentaire et cette analyse qui rejoint en tous points ma réflexion personnelle.
    Comme toujours parfaitement exprimé, c’est un plaisir de vous lire.

  3. Francette

    REPOSE EN PAIX LOANA, tu étais une belle personne perdue dans un monde qui n’était pas le tien.

  4. Noria

    Pour moi Loana n’a jamais été un modèle loin de là, je la trouvais pas du tout inspirante. Faux yeux elle portait des lentilles bleues, faux cheveux décolorés blonds et portait souvent des extensions de cheveux, faux seins prothèses mammaires et beaucoup de chirurgie esthétique très jeune, elle était pas du tout un modèle exemplaire et s’est inventé une vie de mensonges. Il ne faut pas oublier que c’était une malade bipolaire à tendance schizophrène d’ailleurs elle en était consciente et le reconnaissait. Elle a eu des addictions et un environnement malsain très jeune, elle a abandonné son bébé et menti au père de son enfant, beaucoup de mensonges de la part de Loana et ce depuis le début de sa vie. Et même sans loft story et sa célébrité elle aurait eu un parcours de vie compliqué et difficile. On croyait peut-être la connaître mais qui la connaissait vraiment ? Bien sûr elle voulait être aimée et ça se comprend mais la question est : est ce que Loana s’aimait elle même ? l’amour de soi, pourquoi s’infliger toutes ces souffrances ? Beaucoup de personnes souhaitaient son bonheur qu’elle soit heureuse avant tout. Quasiment impossible d’être ami avec Loana vu sa maladie, sa toxicité et ses addictions, elle mettait sa vie en danger ainsi que son entourage et la vie d’autrui en danger avec toutes ses addictions, peut-on en vouloir à toutes ces personnes qui ont essayé de l’aider ? bien sûr que non ! et non ce ne sont pas des hypocrites, au contraire ce sont des personnes courageuses, beaucoup de belles personnes bien intentionnées lui ont pourtant courageusement tendu la main et proposer de l’aider pour se sortir de cet enfer d’addictions ( alcool, drogues, cigarettes et médicaments, chirurgie esthétique ) un cocktail explosif pour sa santé et Loana refusait toutes les aides et les mains tendues au vu de sa maladie et de ses nombreuses addictions, même les médecins et les psychiatres n’ont pas pu la sauver, on ne peut pas contraindre et forcer à interner à vie quelqu’un pour protéger son entourage et elle même du danger au vu de sa lourde toxicité, le déclic devait venir d’elle, se sauver elle même.
    Paix à son âme qu’elle repose en paix.

  5. Elisabeth

    Loana a été avalée par la rapacité de ce système inique, et ce qu’elle a subi me rappelle ces mots de l’Evangile  » Cette génération est mauvaise » . L’indécence et l’ignominie que la télé, la pub, le numérique font gober à la nation depuis des décennies maintenant sous l’alibi de la culture et de l’information, ont commencé de se payer très cher sur le plan destruction morale, physique, intellectuelle et spirituelle -comme Loana nous le montre par la tristesse de son abandonnement.
    Mais en cette semaine pascale qui commence, les entités du ciel auront sans doute déjà freiné sa chute et ne manqueront pas de rendre justice à sa peine. Car il y a le personnage, qui s’effondre comme un château de cartes, et il y a la personne… que nul n’avait sans doute jamais vraiment considérée, mais qui demeure et continue de progresser sur le chemin de son être. Et qu’on a bien envie de prendre dans ses bras…

  6. Chachacha

    Excellent article. Cependant, il est un point essentiel dont personne ne parle : la non-assistance à personne en danger. Le dénouement tragique était pourtant prévisible, presque inscrit dans le dispositif lui-même.

    J’ajouterais un élément capital, dont on tait soigneusement la réalité, alors même qu’il fut l’un des responsables au même titre que la production, et déjà décrié à l’époque : le psychologue, installé dans son « confessionnal ». Ce personnage, censé veiller aux équilibres psychiques, a en réalité servi de caution à une mécanique de mise à nu et d’exploitation de la fragilité humaine.

    Si les médias avaient accompli leur travail avec sérieux, ils auraient convoqué des psychologues, des sociologues, des penseurs, pour analyser en profondeur ce qui a rendu possible cette descente aux enfers dans ce théâtre d’illusions. Il y a plus de trente ans, les Américains avaient déjà tiré la sonnette d’alarme avec un documentaire intitulé La télé qui tue. En France, il avait été diffusé sur FR3, tard dans la nuit, et l’émission Arrêt sur images en avait proposé une lecture remarquable, qui dénonçait avec lucidité ce que la téléréalité avait de mortifère.

  7. geneviève

    Tout à fait d’accord avec vous Rodolphe
    Merci pour cet article

  8. Nadine

    L’ humiliation faite à Loana sur le plateau de C.Hanouna est monstrueuse.
    Une meute contre un être déjà à terre.
    Honte à toute cette équipe !

  9. Viviane

    Merci d’avoir si clairement analysé ce poison ,cette manipulation perverse qui s’érige en modèle !

  10. Josiane

    Bonjour ! merci encore et toujours pour vos lettres et vos analyses, j’ai 76 ans et j’ai fait cette fois, pour Loana, la même analyse….c’est tellement triste…je suis encore dans ce monde et j’aime a vie MAIS je ne suis plus du tout dans ce monde…toute ma gratitude cher Monsieur,
    Josiane Girardin

  11. Eric

    Bonjour, le mélange alcool anti-dépresseurs est potentiellement mortel, c’est bien connu et c’est peut-être la cause du décès de cette brave dame, mais je doute que ce soit la vie qu’elle a menée qui soit à l’origine de sa dépression. J’ai connu plusieurs jeunes personnes qui sans avoir été célèbres ont sombré dans le mal-être, au point parfois de prendre subitement la décision de se suicider. J’ai moi-même souffert un moment de dépression en 2003, lorsque des voisins se sont équipés de wi-fi, qui a pris fin par un prompt déménagement à la campagne, mais qui a recommencé en 2006, lorsque le réseau gsm 3G a été mis dans la région où j’habitais à l’époque. Un nouveau déménagement dans une zone isolée y a mis fin (en tout cas jusqu’à présent, je touche du bois pour le futur). Ces champs électriques tapent sur les nerfs et tout l’organisme en permanence, provoquant un stress incessant qui cause de la dépression et des douleurs physiques et des maladies à une partie des populations exposées. La plupart des patients et des médecins l’ignorent, et donc la cause continue d’agir et les conséquences de s’aggraver. Avec la 5G en plus, on se dirige rapidement vers un déficit de la sécurité sociale plus élevé que les bénéfices engrangés par la consommation de télécommunications sans fil. A ce moment-là, je parie que subitement le « monde scientifique » et les politiciens, après avoir tout nié pendant des décennies, vont faire comme avec l’amiante, réduire les télécommunications sans fil, jusqu’à les interdire totalement peut-être…

  12. Margarita

    Votre analyse est l’une des plus justes et profondes sur ce phénomène néfaste des influenceuses et les dérives voyeuristes de nos sociétés happées par le vide. Merci.

  13. Jean-Louis

    Cher Rodolphe,
    J’ai rédigé un commentaire il y a plus de 2 heures et je constate qu’il n’apparaît pas ici. Y aurait-il une censure sur ce site ? Dommage… je n’avais pourtant pas l’impression d’avoir été grossier, insultant ou critique à l’égard de ton article. Peut-être un peu trop « politique », mais à mon avis, dans le bon sens du terme, dans la mesure où je mettais en cause le système mercantile qui gouverne aujourd’hui nos sociétés. Etais-ce pour autant injustifié ? Ou pas assez dans le sens de la pensée dominante actuelle ? J’aimerais bien avoir une réponse à cette question…

    1. Rodolphe Bacquet

      Bonjour Jean-Louis,
      Si vous êtes le même Jean-Louis que celui qui a rédigé un commentaire évoquant Guy Debord, alors je vous confirme que votre texte a bien été publié ; je l’ai d’ailleurs lu hier matin.
      S’il s’agit au contraire d’un autre commentaire, alors je ne sais que vous dire ! Auparavant validés à la main, les commentaires sont désormais validés automatiquement ; les cas rarissimes où nous supprimons un commentaire, après coup, concernent ceux qui sont franchement insultants.
      Bien à vous,
      RB

  14. Richard.

    Si les médias et les gens en général respectaient plus une qualité en voie d’extinction, soit la sagesse, cette dernière demandant probablement trop d’efforts et de temps pour être acquise, ce monde serait pratiquement un paradis en comparaison du monde matérialiste aujourd’hui qui n’a de yeux et d’oreilles que pour la gloire, l’argent, et le succès instantané. La richesse, la beauté physique, et même le succès passent avec le temps. La sagesse, le côté subtil de la beauté de l’âme, une fois acquise, reste.

  15. Chantal

    Pitoyable.. Il y a des gens qui se crèvent pour en sauver d’autres et l’on rend gloire à des écervelés.. Indigne..

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