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Santé et émotions28 juin 20269 min139 vues
20 commentaires

Plus chaud, plus méchant

Rodolphe Bacquet 28 juin 2026

Chers amis,

Vous vous souvenez de cette pub pour un soda à base d’orange sanguine, il y a une trentaine d’années, et qui se terminait systématiquement par cette question : « Mais pourquoi est-il aussi méchant ?!! »

Et le bonhomme dans la bouteille de répondre : « Parce queeee ! »

Eh bien, aujourd’hui, je crois que j’ai la réponse : il avait trop chaud.

Depuis le début de cette canicule édition juin 2026, j’ai été témoin dans mon entourage direct – familial comme professionnel – de « sorties de route » inaccoutumées.

Par « sorties de route » j’entends : des disputes, des agressions verbales voire physiques à la rapidité et à l’intensité inhabituelles, laissant les protagonistes dans un état de choc, et de larmes, tout aussi soudain.

C’est déplorable… mais hélas pas du tout surprenant.

Plus la température augmente, moins l’être humain se contrôle

Longtemps, on a cru qu’il ne s’agissait que d’une impression ou d’une coïncidence.

Les bagarres d’été étaient surtout dues au fait, pensait-on, que les gens sortaient davantage, buvaient plus d’alcool ou fréquentaient plus les espaces publics.

Puis, il y a tout juste cinquante ans – en 1976, donc – une expérience devenue classique, menée par les psychologues Paul Bell et Robert Baron, a permis de d’objectiver et d’expliquer ce phénomène.

Les chercheurs avaient placé 66 volontaires de sexe masculin dans deux groupes différents :  les uns dans une pièce fraîche, les autres dans une pièce chaude, avant de les exposer à des remarques plus ou moins désagréables.

Ils leur donnaient ensuite la possibilité de « se venger » symboliquement de leur interlocuteur en lui administrant une décharge électrique dont ils pouvaient choisir l’intensité.

Leur conclusion : la chaleur n’augmente pas directement l’agressivité ; elle augmente d’abord le sentiment d’inconfort, d’irritation et de tension intérieure.

On peut le formuler de façon plus abrupte : le système nerveux humain est comme une cocotte-minute, et placé trop longtemps sous une plaque trop chaude, il se met à bouillir voire à « exploser » beaucoup plus vite.

Depuis les années 1980, des dizaines d’autres d’études de psychologie et d’épidémiologie montrent que, toutes choses égales par ailleurs, les actes d’agressivité augmentent bel et bien avec la température[1].

Les journées plus chaudes que la moyenne engendrent davantage de violences conjugales, davantage d’altercations, davantage d’agressions sur la voie publique, davantage même d’homicides dans certaines régions du monde.

Il y a trois ans, une étude a permis d’établir une statistique qui fait froid dans le dos (sans jeu de mots) : le risque global de décès par agression croît significativement de 1,4 % par degré Celsius d’augmentation de la température ambiante[2].

Si on ajoute à cela les décès par noyade des jeunes dont le gouvernement Lecornu constate ces derniers jours l’augmentation, ainsi que ceux des jeunes enfants enfermés dans les voitures, on comprend que les « victimes » des canicules ne sont pas que les séniors.

Mais j’en reviens au rapport de cause à effet entre fortes températures et agressivité : qu’est-ce qui fait « griller un fusible » plus facilement au corps humain, transformé en tableau électrique ?

Ce qui se passe dans votre corps quand il fait trop chaud

Lorsque le thermomètre grimpe, votre organisme mobilise une part importante de ses ressources pour maintenir votre température interne aux alentours des 37 °C.

Dilatation des vaisseaux, transpiration, accélération du rythme cardiaque : toute cette mécanique, indispensable à votre survie, a un coût énergétique.

Les neuroscientifiques pensent que cette mobilisation permanente « emprunte » une partie des capacités normalement consacrées au contrôle des émotions.

Le cortex préfrontal – cette région située juste derrière votre front, qui vous aide à relativiser, à réfléchir avant d’agir et à contenir vos impulsions – devient moins efficace.

À l’inverse, l’amygdale, véritable détecteur de menaces de votre cerveau, prend davantage le dessus.

Autrement dit : votre cerveau raisonne un peu moins… et réagit un peu plus à fleur de peau.

Ce mécanisme explique probablement pourquoi une remarque anodine, un bruit répétitif, un embouteillage ou un simple désaccord prennent soudain des proportions démesurées lorsque la chaleur devient écrasante.

Ce n’est pas seulement votre patience qui diminue : c’est votre capacité biologique à inhiber une réaction impulsive.

À cela s’ajoute un second facteur, que vous avez sans nul doute expérimenté : le sommeil.

Les nuits tropicales comme celles que nous subissons depuis le début de la semaine réduisent le sommeil profond, multiplient les micro-réveils et empêchent l’organisme de récupérer correctement.

Or une seule mauvaise nuit suffit déjà à rendre l’amygdale beaucoup plus réactive et à diminuer notre tolérance à la frustration.

Une canicule qui dure plusieurs jours additionne donc les effets : le corps s’épuise, le cerveau chauffe lui aussi, et votre seuil d’irritabilité s’abaisse progressivement.

Plus ça bout dehors, plus ça bout dedans

En parcourant cette littérature scientifique, j’ai pu observer que les chercheurs décrivent aussi une augmentation de la réactivité émotionnelle durant les canicules.

Beaucoup de personnes disent se sentir, comme je le mentionnais plus haut, « à fleur de peau ».

Les bruits deviennent plus pénibles, les contrariétés plus difficiles à supporter, les émotions plus intenses.

Les psychiatres observent que les épisodes de forte chaleur aggravent fréquemment les troubles anxieux, les états dépressifs, plusieurs troubles neurodéveloppementaux, mais aussi… les suicides[3].

Autrement dit, les personnes souffrant déjà de problèmes psychiatriques voient leurs symptômes s’aggraver.

Nous avons donc tort de considérer les canicules comme de simples inconforts météorologiques et « physiques ».

Les vagues de chaleur ont un impact mesurable sur la santé mentale.

Elles modifient votre manière de penser, de ressentir… et d’interagir avec vos proches, vos amis, vos voisins, le moindre passant dans la rue, le moindre automobiliste qui klaxonne avec une violence disproportionnée !…

Cool

Alors qu’au cours de cette seule semaine le record de la nuit la plus chaude jamais enregistrée en France a été battu coup sur coup deux nuits consécutives, il faut s’attendre à ce que cette agressivité et cette hyperémotivité ambiantes s’intensifient.

Quoi que l’on pense des causes du réchauffement climatique, nul ne peut plus nier aujourd’hui que la récurrence et l’intensité des vagues de chaleur vont croissantes.

Je me souviens encore des camions de livraison de ventilateurs pris d’assaut au mois d’août 2003, lors de la canicule : cette scène qui m’avait paru à l’époque extraordinaire est devenue banale aujourd’hui.

Il n’y a rien d’autre à faire que l’accepter et s’y adapter – et s’y adapter d’abord mentalement.

Les Anglo-Saxons ont un terme d’une remarquable pertinence pour désigner l’antidote à la fois à la chaleur et à l’agressivité, c’est celui de cool, qui signifie « frais ».

« Être cool » veut dire, vous le savez bien, être populaire, à la mode, etc.

Mais « rester cool » veut dire garder la tête froide quand tout chauffe autour et à l’intérieur de soi.

Il y a une chanson, dans West Side Story, intitulée « Cool » et qui intervient justement au moment où « ça chauffe » entre les deux bandes rivales de la comédie musicale :

« Boy, boy, crazy boy,
Get cool, boy
 !
Got a rocket in your pocket,
Keep coolly cool, boy
 !
Don’t get hot,
‘Cause man, you got
Some high times ahead. »

Je ne vais pas traduire mot à mot, mais en anglais les paroles sont claires : le gars en face est en train de surchauffer et il est prêt à partir au quart de tour comme une fusée, il faut donc qu’il se calme, qu’il fasse retomber la température, bref qu’il reste cool.

C’est mon conseil en ce dimanche de chaleurs – et, nom d’un chien, vous en aurez besoin, car nous ne sommes qu’au début de l’été ! – : restez, autant que faire se peut, cool au-dedans.

Chacun trouve comme il peut les moyens de se rafraîchir physiquement : en restant collé au ventilo, en allant au cinéma, à l’église ou au supermarché, en faisant un plouf dans une rivière, un lac ou une mer pas trop bouillante à portée de serviette s’il a cette chance ; mais mentalement, nerveusement, puisse le simple fait de savoir que la chaleur abaisse vos seuils de tolérance et de patience vous permette de garder la tête froide.

Et vous, avez-vous constaté cette augmentation d’agressivité et d’émotivité avec la chaleur ? Quelles solutions avez-vous adoptées ou conseillées ? Dites-le-moi en commentaire !

Bon dimanche,

Rodolphe


[1] Voir la source Craig A Anderson, « Température et agressivité : les effets omniprésents de la chaleur sur l’occurrence de la violence humaine », dans Bulletin psychologique, août 1989

[2] Voir la source Yale J Biol Med, « Association positive entre l’agressivité et la température ambiante », dans National Library of Medicine, 30 juin 2023

[3] Voir la source Susanne Fischer et al., « Effets émergents de la température sur la cognition, l’affect et le comportement humains », dans Dépôts et archives ouverts de Zurich, 2024

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14 juin 2026 8 min de lecture 9 commentaires

20 commentaires

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  1. marie-Toullec.Canada
    Merci Rodolphe d'avoir si bien expliqué ce qui se passe dans notre cerveau et nos réactions quand il fait chaud, tres chaud, comme cette canicule.
  2. Simone
    Bonjour, merci pour votre article. Les bains dérivatifs (cf France Guillain) mériteraient être connus par tout le monde: l'idée est de refroidir le périnée pour baisser la température du corps. En fait cela en mettant des poches froides dans sa culotte (France Guillain vend des pochettes qu'on clipse à sa culotte et des poches froides) et on les change régulièrement. Pour la nuit, on congèle une bouteille pas tout à fait pleine d'eau et on l'emballe avec un tissus. On la place entre les jambes - à l'entrejambe et on conserve ainsi toute la nuit de la fraicheur. Il faut adapter bien sûr l'épaisseur du tissu à sa sensibilité, il ne faut pas se geler non plus. Pour moi, un linge microfibre de D4 fait bien l'affaire. Et quand on se tourne sur le côté on garde la bouteille entre les jambes. A essayer!
  3. francoise lapierre
    Été 1870. La guerre s’abat sur la France, et avec elle une chaleur que George Sand n’avait jamais connue. Elle ne la mesure pas en station météorologique : elle la vit, à Nohant, et elle la consigne dans son saisissant Journal d’un voyageur pendant la guerre publié en 1871. « Une grande fatigue, le travail en retard, un effort désespéré pour reprendre ma tâche au milieu d’un été que je n’ai jamais vu, que je ne croyais pas possible dans nos climats tempérés : des journées où le thermomètre à l’ombre montait à 45 degrés, plus un brin d’herbe, plus une fleur au 1ᵉʳ juillet, les arbres jaunis perdant leurs feuilles, la terre fendue s’ouvrant comme pour nous ensevelir, l’effroi de manquer d’eau d’un jour à l’autre, l’effroi des maladies et de la misère pour tout ce pauvre monde découragé de demander à la terre ce qu’elle refusait obstinément à son travail, la consternation de sa fauchaison à peu près nulle, la consternation de sa moisson misérable, terrible sous cette chaleur d’Afrique qui prenait un aspect de fin du monde ! Et puis des fléaux que la science croyait avoir conjurés et devant lesquels elle se déclare impuissante, des varioles foudroyantes, horribles, l’incendie des bois environnants élevant ses fanaux sinistres autour de l’horizon, des loups effarés venant se réfugier le soir dans nos maisons ! Et puis des orages furieux brisant tout, et la grêle meurtrière achevant l’œuvre de la sécheresse ! » 45 degrés à l’ombre. La terre qui se fend. Les forêts en feu, les loups jusque dans les maisons, la variole foudroyante, la grêle meurtrière. « Un aspect de fin du monde. » En 1870. Sous Napoléon III — quand l’humanité émettait une fraction infime du CO₂ d’aujourd’hui — la terre du Berry montait à 45° à l’ombre. Ceci n’est pas un relevé scientifique, et George Sand ne prétend pas en faire un. C’est mieux que cela. C’est le regard d’un écrivain qui n’a aucun intérêt à mentir sur son propre thermomètre, aucun poste de fonctionnaire à protéger, aucune conférence à faire financer par l’argent public, aucun gouvernement à ménager. Elle écrit ce qu’elle voit. Et ce qu’elle voit dérangerait aujourd’hui une certaine version de l’Histoire et du climat et celle du GIEC.
  4. Emmanuelle
    J'ai beaucoup de mal à supporter la châleur à partir de 20 degrés, alors imaginez ... j'ai la chance ou malchance de ne pas travailler, du coup, je suis nue chez moi, avec un torchon mouillé sur moi et le ventilateur fixé sur moi ; pour les nuits, je prends une bouillote que j'ai mise au congélateur et je dors avec ainsi que les fenêtres ouvertes et le ventilateur. Lorsque je sors, je prends toujours un vaporisateur d'eau rafraichie au frigidaire, sinon, je me trempe à la mer tôt le matin ; enfin bref, ma vie est dure de fin avril à mi octobre puisque je vis en occitanie. Si vous avez des astuces ou traitements pour ne plus souffrir de la châleur comme ça, n'hésitez pas !!
  5. Fabienne
    Boire énormément de l'eau et feuilles de menthe, douche ,vêtement Legé,fermer tous les volets après avoir aéré très tôt et les ouvrir très tard.sortir dans des lieux climatisés . Ouvrir toutes les portes des voitures avant de s'y asseoir quelques minutes.
  6. Fabienne
    J'ai vécu ce début de fortes chaleurs en même temps que la fête de la musique dans une grande ville un dimanche .une horreur ! Zombies, poubelles à ciel ouvert,et son de basses qui augmentait de plus en plus . Ça n'était plus une fête, c'était très violent.
  7. Sandrine
    Bonjour Ma tolérance chaleur c est 25/27’ degrés , au delà je suis insupportable et en surchauffe…irritable….je suis comme un poisson hors de l eau . Ce que je fais, poches de glaces ou gants de toilette sur l aine/ la nuque . Boire /chapeau humide . Je rempli ma baignoire d eau froide je rafraîchit mon corps 10/15 ´minutes entièrement . Si possible je me mouille les cheveux, ou je me pchite de l eau sur la nuque . Je bois de l eau avec 1 a 2 gouttes de menthe poivrée . Et je sort que par obligation.
  8. Christiane
    Côté agressivité j'ai constaté le phénomène chez... mes poules!Certaines deviennent carrément hystériques avec leurs congénères depuis les fortes chaleurs...
  9. Bonnamy Christine
    j'ai fait des constats similaires au vôtre sur les comportements des humains sur moi-même aussi, cette chaleur du corps que l'on ne contrôle pas, nous rend facilement plus intolérant parce que mal-être intérieur. Alors que faire ? avoir de la patience envers soi accepter au mieux la situation, se relaxer dans des endroits calmes et rafraîchissant.
  10. Vishva terrier
    Effectivement cela parait assez logique que ce type très marqué d'inconfort puisse faire baisser le niveau de tolérance de tout un chacun mais comment expliquer que ce n'est pas expressément vérifié dans beaucoup de pays où ce type de chaleur est ressenti sur de très longues périodes sans pour autant voir les agressions augmenter? J'ai vécu en Inde quelques années et je n'ai pas constaté ce phénomène.
  11. Laurence
    Rafraîchir au gant mouillé coudes et genoux, cou et front... à refaire dès qu'on en ressent le besoin.
  12. Joëlle Papail
    Il y a plus de 40 ans, mon mari organisait des fest noz dans un local de 800m2, ou, après avoir bu un peu trop de chouchen, certains cherchaient à pratiquer" la lutte bretonne hors piste"...et il avait trouvé le moyen radical pour les calmer quand ils étaient "chauds" : un seau d'eau du puis, bien fraîche, projeté en pleine face ! ça fait tomber les nerfs instantannément, et même les plus remontés s'en allaient piteux!!!
  13. Richard.
    Bonjour Rodolphe! J'ai trouvé ton article super cool, mais surtout, super instructif. Merci et bonne journée!
  14. CLA
    Bonjour Mettre une serviette mouillée Sur son buste jambes ???? Rafraîchir avant bras
  15. Yves
    Très bon article, plein d'enseignements. Une objection: je ne crois pas qu'il soit bon, lorsqu'on a trop chaud, de faire "plouf" dans l'eau froide. Une entrée progressive dans l'eau m'a été, il y a longtemps, enseignée comme une protection contre le risque d'hydrocution. Bien à vous. Vos articles sont toujours intéressants.
  16. Ingrid
    Que dire sur les guerres en Afrique !
  17. Joëlle Dury
    Oui j'ai constaté que j'ai moins de patience et il y a quelques jours je suis "partie au quart de tour" dans une situation où je restais calme les jours précédents (travaux bruyants). Votre article me fait d'autant plus sourire qu'hier chez le coiffeur, un homme d'une trentaine d'années expliquait qu'il souffrait tellement de la chaleur et dormait tellement mal en ce moment, qu'il se sentait "capable de tuer quelqu'un" (sic). Plein d'humour il ajoutait "je reconnais les gens qui ont la climatisation ou qui habitent en dehors de la ville, ils ont l'air plus reposé que moi qui ai la tête d'un poisson qui a passé 4 heures sur un étal au marché en plein soleil".
  18. Dominique
    Il y a un point important à connaître lorsqu'il fait chaud, à savoir l'augmentation du risque routier, surtout sur des routes encombrées et surchauffées de l'été. Une vigilance accrue est indispensable.
  19. Yvette
    En effet, c'est en été qu'il y avait le plus de bagarres avec mes 3 frères á la maison dans les années 55. Et je me souviens que ma mère avait quelques solutions (suivant les possibilités du moment): - nous mettre un gant de toilette mouillé sur le front ou la nuque - nous passer au jet d'eau du jardin - nous mettre dans une grande bassine d'eau par 2.... - le plus batailleur était puni, fermé un moment á la cave..... Tout ça rafraichissait énormément.... M enanta sus letras, Salutations
  20. Murer
    Kuckuck Effectivement ma patience à des limites avec la chaleur alors que je suis peace an love la majorité du temps.. Donc j'évite au maximum l'interaction avec mes congénères !étant déjà une solitaire dans l'âme..merci de tout vos conseils et de votre bienveillance. Schumtzele Guetou

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