Aller au contenu
Alternatif Bien-Etre29 mars 202615 min796 vues
61 commentaires

Loana, patiente zéro

Rodolphe Bacquet 29 mars 2026

Chers amis,

En médecine, le « patient zéro » est le premier cas officiellement identifié d’une épidémie naissante ou d’une nouvelle maladie.

Alzheimer a eu sa patiente zéro, Auguste Deter, qui a permis au Dr Aloïs Alzheimer de décrire le premier la maladie, le sida a eu son patient zéro, le covid également…

La quête et l’identification du « vrai patient zéro » constitue parfois un motif de recherches à mi-chemin entre le médico-légal et l’archéologie : un certain Albert Gitchell, cuisinier de l’armée américaine, a par exemple été identifié comme le patient zéro de la Grippe espagnole, mais il est plus que probable que la maladie avait déjà tué plus tôt, et ailleurs – aujourd’hui encore son « tracé » reste débattu.

Le Dr Luc Périno a écrit un brillant et passionnant livre au sujet des patients zéro – ironiquement publié moins d’une semaine avant l’ordre de confinement du président Macron en 2020 ! – qui se lit comme un roman et que je vous recommande vivement (réf. en source[1]).

Si vous suivez l’actualité, il ne vous aura pas échappé qu’a été annoncée, cette semaine, le mort de Loana.

Loana : son seul prénom suffit à vous rappeler qui elle était ; pourtant, vous aviez oublié jusqu’à son existence avant qu’elle ne fasse, une dernière fois, parler d’elle dans la presse suite à la découverte de son corps à Nice.

Sa célébrité brutalement acquise il y a un quart de siècle en a fait, malgré elle, la « patiente zéro » d’un mal qui s’est, depuis, propagé de façon épidémique.

Le XXIème siècle a été très ponctuel : l’année 2001 a donné franchement le ton de ce qui nous attendait au cours des décennies suivantes, en tout cas jusqu’à ce jour.

La mémoire collective française retient en effet surtout de 2001 deux évènements sidérants – sidérants parce que télévisuels : le 11-septembre, et Loft Story.

Nous vivons toujours dans l’ère post-11-septembre : une ère marquée par le terrorisme islamique, l’interventionnisme états-unien et des images de guerre et de chaos tournant en boucle sur les écrans.

Mais à peine quelques mois plus tôt, en cette même année 2001, ce sont d’autres images qui tournaient en boucle sur les écrans de télévision français.

Les images d’un groupe de jeunes gens (je ne sais plus combien ils étaient) enfermés dans un studio géant et filmés 24h/24 sous le prétexte d’un « jeu de télé-réalité ».

J’étais encore un adolescent, à cette époque, mais j’étais déjà cinéphile et je me souviens très bien m’être dit que les films The Truman Show, avec Jim Carrey, et Ed TV, avec Matthew McConaughey, que j’avais vus respectivement trois et deux ans plus tôt au cinéma, avaient été à la fois prémonitoires et en-deçà de la réalité.

Dans ces deux films, le personnage principal est en effet suivi 24h/24 par des caméras pour servir de matière à un « reality show » qui passionne l’Amérique entière, en flattant son goût pour le voyeurisme. Le premier à son insu, le second avec son consentement.

Lorsque l’émission « Loft Story » a déboulé sur M6 en 2001, non seulement le succès a été au rendez-vous, non seulement ce succès était fondé sur l’instinct voyeuriste du public, mais ce que n’avaient pas prévu les films que j’ai cités, c’est que ce dont se régalerait le plus le public était ce qu’il y avait de plus sordide et vulgaire à montrer.

Ainsi, si j’ai bon souvenir, les premières scènes à avoir tourné en boucle suite à l’entrée des participants dans le « loft » étaient celles d’une participante demandant « qui c’est qu’a pété ? »

Et le présentateur, les commentateurs et les téléspectateurs de s’esclaffer face à ce grand moment de télévision : un authentique prout, et la réaction qu’il occasionne.

Voilà qui a mis le public, et la postérité, au parfum de ce qu’était la « télé-réalité ».

Et c’est dans ce terreau composé des plus obscènes interactions humaines qu’est « née » médiatiquement la première « star de la télé-réalité », Loana.

Loana est du jour au lendemain – ou plutôt d’une nuit à l’autre – devenue la star de cette « première saison » de Loft Story en étant filmée faisant l’amour avec un compagnon de cellule, pardon, un co-participant à cette émission télé-réalité, dans une piscine.

Même si vous n’aviez pas regardé l’émission le jour J, vous étiez tout de même au courant le lendemain car tout le monde ne parlait que de ça.

Les images ont largement débordé le cadre de l’émission et de la chaîne M6. Reprises, commentées, disséquées par la presse, elles ont offert au programme une publicité aussi massive qu’inattendue.

Un homme et une femme avaient fait l’amour pour la première fois en direct à la télévision.

Quel évènement !

La pornographie, jusque-là reléguée aux chaînes cryptées ou aux diffusions tardives, s’invitait en prime time. Et, détail décisif, il ne s’agissait pas d’acteurs mais de « gens ordinaires ».

Loana, la « star » et la « vedette » de Loft Story, comme l’ont encore rappelé les médias en annonçant sa mort ces derniers jours, est « née » de cette seule séquence.

Un quart de siècle plus tard, je suis frappé de voir à quel point ladite séquence, qui reste dérangeante, est pleine d’un sous-texte mythologique mais comme dévoyé, altéré.

Lorsque Loana a été « castée » pour participer à la toute première émission de télé-réalité diffusée en France, nul doute que son physique avantageux faisait d’elle, aux yeux des producteurs, une bonne candidate pour devenir une vedette de télé.

Grande, blonde, aux codes de la féminité médiatique de l’époque (elle avait un petit côté Ophélie Winter, vedette télé lancée par la même chaîne), elle apparaissait comme une Vénus cathodique en puissance. Il ne lui manquait qu’un moment fondateur.

Ce moment a eu lieu dans une piscine, comme une matrice artificielle. La « naissance » de la star s’est opérée dans ce liquide amniotique improvisé, via un acte intime diffusé en direct à des millions de téléspectateurs.

On a là une forme de monstruosité mythologique : Loana s’y engendre symboliquement elle-même, dans un geste où (pro)création et exposition se confondent, où naissance et sexualité se superposent.

C’était la « Naissance de Vénus », non plus la version de Botticelli, mais celle des codes de la télévision du XXIème siècle, qui ont fait de l’indécence le moteur de l’audimat.

Malgré son physique et sa « séquence séminale », Loana ne m’a jamais inspiré ni désir ni mépris, mais plutôt de la tristesse.

Sous son physique de bimbo, elle avait l’air d’une gentille fille, douce et complètement dépassée par la brusque notoriété dont elle bénéficié – même si le terme « bénéficié » n’est sans doute pas le terme adéquat, comme la suite de sa vie l’a prouvé.

Je n’oserai pas écrire qu’elle n’avait pas de talent car je n’en sais rien, mais une chose est sûre : ça n’est pas à son talent qu’elle devait sa richesse et sa célébrité, mais au fait de s’être retrouvée au centre d’une machine médiatique cynique et, à tout point de vue, grossière, laquelle a exploité sans vergogne son image et sa réputation.

Passé ce brusque et somme toute assez bref moment de célébrité nationale, Loana a connu ce que l’ensemble de la presse a unanimement qualifié de « descente aux enfers » : problèmes d’addiction à l’alcool et aux antidépresseurs, violences conjugales subies dans trois relations successives, neuf tentatives de suicide en deux ans.

Comme par un effet miroir, cette trajectoire destructrice avait culminé l’an passé par une humiliation publique dans le média même qui l’avait rendue célèbre, la télévision, opérée par ce maître contemporain de la vulgarité cathodique, Cyril Hanouna[2].

Loana a payé, au prix fort, quelques mois d’une notoriété basée sur son seul physique et sa participation docile à une entreprise de voyeurisme médiatique aussi vertigineuse que cruelle.

Tout ça pour mourir chez elle dans un tel état de solitude et d’abandon que son corps n’a été trouvé par la police que plusieurs jours plus tard après son décès. 

Je ne connais pas les causes physiques de la mort de Loana, mais j’en connais les causes humaines et morales, qui font d’elle la patiente zéro d’un mal du siècle qui s’est depuis répandu de façon ahurissante.

En France, Loana a été la pionnière d’un phénomène dont personne ne pouvait prévoir l’ampleur.

Jusqu’alors, pour une femme, pour devenir riche et célèbre, il fallait soit être bien née (princesse, ou à défaut épouser un prince), soit être dotée d’un certain talent.

Avoir un joli minois et des mensurations affriolantes pouvait vous aider, mais ça ne suffisait pas.

La postérité a totalement oublié les starlettes qui ont fleuri dans les années 1960 dans le sillage d’une Brigitte Bardot ou d’une Ursula Andress, mais elle n’a pas oublié ces deux dernières, qui étaient (ou qui sont, Andress est encore vivante) dotées d’un magnétisme, voire d’un mystère, palpables à l’écran.

Lorsque la téléréalité s’est imposée dès 2001, il n’a plus été question de talent : pour se faire remarquer et encenser, bref, pour « réussir », il fallait certes être photogénique, mais surtout abandonner toute pudeur, et accepter de dire ou faire devant les objectifs ce que à quoi toute personne équilibrée est normalement réfractaire.

Loana, dans ce jeu médiatique ou seules l’apparence et l’outrance primaient, a logiquement été effacée par d’autres « stars », avec beaucoup de guillemets, dont l’envie d’être célèbre a été poussée par une floppée de programmes de télé-réalité.

« La nouvelle star », « Star Academy », « Top chef », « Les Anges de la téléréalité », etc., etc. ont ainsi engendré une série d’épigones de Loana, dont certaines étaient tout aussi fragiles qu’elle, et d’autres ont décompensé leur instabilité mentale par la criminalité, comme Nabilla – « auteure » du célèbre « non mais allô quoi »  – condamnée par la justice pour avoir poignardé son petit ami, puis par la DGCCRF pour pratiques commerciales trompeuses sur Snapchat[3].

Malgré tout, ces jeunes femmes ont servi de modèle à tout une génération de jeunes personnes qui voulaient, elles aussi, obtenir leur ration de paillettes et qui ont été confortées dans l’idée que le narcissisme et le culte superficiel des apparences sont payants.

Car ils sont payants, littéralement. Et permettent même de très bien vivre.

Et c’est précisément là que le phénomène a changé d’échelle.

Avec l’arrivée des réseaux sociaux, ce qui relevait encore, au tout début des années 2000, d’un système centralisé et maîtrisé – quelques chaînes de télévision, quelques producteurs, quelques émissions – s’est dissous dans un espace sans centre, sans filtre et sans limite apparente.

Il n’y a, désormais, plus besoin d’être sélectionné pour entrer dans un « loft ».

Chacun peut construire le sien, chez soi, dans sa chambre, avec pour seules caméras un smartphone et pour seul public une foule anonyme, potentiellement mondiale.

La logique est restée la même, mais elle s’est accélérée, intensifiée, banalisée.

Ce que Loana avait incarné de manière exceptionnelle est devenu un modèle reproductible à l’infini.

Des milliers, puis des centaines de milliers de jeunes femmes – et d’hommes, mais le phénomène touche plus violemment les premières – se sont mises à rejouer, chacune à leur échelle, la même scène originelle : s’exposer, se montrer, se raconter, se mettre en scène, parfois se dénuder, souvent s’exagérer.

Non plus une fois, dans une piscine filmée par M6, mais chaque jour, sur Instagram, Snapchat, TikTok ou OnlyFans.

Là où Loana était une exception, une anomalie médiatique, les « influenceuses » sont devenues une norme culturelle.

Elles ne sont plus une poignée : elles sont une armée.

Et surtout, elles ne sont plus perçues comme des victimes potentielles d’un système, mais comme des modèles de réussite.

Elles ont engendré à leur tour plusieurs modes, comme celles de recourir à la chirurgie esthétique de plus en plus jeunes afin de rehausser leurs pommettes et grossir leurs lèvres, ou de s’expatrier à Dubaï pour vivre, dans le luxe, de l’étalage de leur image.

(et c’est ainsi qu’on les a vues monter en catastrophe avec leur fer à lisser dépassant de leur sac pour prendre dans un avion de rapatriement suite aux attaques iraniennes !)

À la différence de Loana, beaucoup d’entre elles donnent l’impression de maîtriser les codes.

Elles parlent de « stratégie de contenu », de « personal branding », de « monétisation ».

Elles transforment leur image en entreprise, leur quotidien en produit, leur intimité en marchandise.

Le fond du mécanisme n’a pas changé, il s’est industrialisé : ce qui attire, ce qui capte, ce qui retient, ce n’est toujours pas le talent au sens classique du terme, mais l’exposition de soi, souvent poussée jusqu’à ses limites les plus ambiguës.

Plus on montre, plus on existe. Plus on s’expose, plus on est visible.

Et plus on est visible, plus on « vaut » – financièrement, symboliquement, socialement.

Dans cette économie de l’attention, la pudeur devient un handicap concurrentiel. La retenue, la mesure, sont des tares.

Il ne s’agit plus seulement de plaire, mais de retenir, de provoquer, de susciter une réaction, quelle qu’elle soit.

Le beau ne suffit plus ; il faut qu’il soit commenté « vu » et « liké » des milliers de fois.

Le quotidien ne suffit plus ; il faut qu’il soit scénarisé, mis en scène.

Ainsi, ce que Loana avait subi comme une fulgurance brutale – cette transformation instantanée d’individu en image, en personnage public offert à la célébration superficielle de tous – est aujourd’hui recherché, cultivé, optimisé, valorisé.

Je pense toutefois que le prix à payer, lui, n’a pas disparu.

Il est moins spectaculaire, peut-être, que la « descente aux enfers » médiatisée d’une star de télé-réalité, mais plus diffus, plus insidieux.

Car vivre en permanence sous le regard des autres, dépendre de leur approbation, mesurer sa valeur à des chiffres – likes, vues, abonnés – n’est pas sans conséquence.

C’est une forme de tension continue, une exposition sans répit, une fragilité structurelle. Et je ne vous parle même pas des tourments de l’âme !

Derrière ces sourires filtrés et ces vies parfaitement cadrées, combien de solitudes, d’angoisses, de dépendances nouvelles ?

Et surtout : combien de jeunes filles, d’adolescentes, aujourd’hui, voient là un modèle à suivre, un idéal à atteindre ?

Loana était seule face à des millions de regards. Les influenceuses, elles, sont des millions à se faire face les unes aux autres, dans une compétition silencieuse, permanente et sans merci.

Puisse le triste destin de Loana au moins servir d’avertissement à toutes les jeunes femmes qui misent sur l’image qu’elles renvoient d’elles-mêmes et l’admiration sur laquelle elles entendent capitaliser pour vivre.

Je serai heureux de connaître votre sentiment sur cette « épidémie » dont Loana était la patiente zéro.

Portez-vous bien,

Rodolphe


[1] Luc Périno, Patients zéro – Histoires inversées de la médecine, éd. La découverte, 2020

[2] « Cyril Hanouna « humiliant » avec Loana : ce nouveau camouflet reçu par l’animateur avant sa rentrée très attendue », Free, 21 avril 2025 ; disponible sur https://portail.free.fr/divertissement/people/cyril-hanouna-humiliant-avec-loana-ce-nouveau-camouflet-recu-par-lanimateur-avant-sa-rentree-tres-attendue/

[3] « L’influenceuse Nabilla paie 20 000 euros d’amende pour pratiques commerciales trompeuses sur Snapchat », Le Monde, 28 juillet 2021 ; disponible sur https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/07/28/l-influenceuse-nabilla-paie-20-000-euros-d-amende-pour-pratiques-commerciales-trompeuses-sur-snapchat_6089795_3234.html

Partager :

Articles similaires

Devoir de réponse

Chers amis, Tout ce qui déroge à (et dérange) la médecine conventionnelle, est régulièrement attaqué par les chiens de garde de cette dernière, vous le…

22 avril 2026 11 min de lecture 12 commentaires

Le grand concert amoureux

Chers amis, Le mois d’avril marque le début de la saison des amours chez beaucoup d’animaux, parmi lesquels les grenouilles. Et la saison des amours,…

5 avril 2026 9 min de lecture 2 commentaires

Poisson d’avril ou non ?

Chers amis, Envoyer – et recevoir ! – des mails un 1er avril n’a rien d’anodin. Lorsqu’on ouvre un message à cette date, on ne…

1 avril 2026 8 min de lecture 31 commentaires

61 commentaires

  1. christine

    Quel pathétisme extrême, c’est une fois de plus par ce voyeurisme ou exhibitionnisme une manière de renforcer ou mettre en place, un cerveau creux à la population attirée par ce genre de pratique ou émission
    Être discret fait preuve de marginalité aujourd’hui

  2. Christian

    Nous sommes sous le règne insidieux de l’ignorance, dont la propriété première est de s’ignorer elle-même. Le spectacle de Loana ne constitue qu’un des innombrables épisodes qui l’ont précédé et le suivront, dont la problématique nous est entièrement masquée, à savoir la connaissance de notre nature ultime qu’est la joie d’être débarrassée de toutes les expressions qui lui servent de supports comme de paravents.

  3. HélèneC

    Après le retour des masculinistes au corps bodybuildés fait de muscles monstrueusesment saillants, en réaction à l’impossible remise en question levé par Metoo, met le corps des hommes au même niveau de boucherie que celui des femmes?

  4. Alain

    Bonjour Rodolphe,
    Je souscris tout à fait à votre très bonne analyse sociétale avec « Loana,patiente zéro ».
    Il me semble que « cette épidémie », comme vous dites, s’inscrit dans un changement de paradigme dans le monde occidental surtout. Nous assistons dans certains domaines à l’inversion complète des « valeurs ».
    Le tout guidé par la recherche de l’exacerbation de l’émotionnel, avec l’instantanéite sans analyse de fond.
    Pour exister et percer il faut provoquer (habillement, musique, comportement…), à défaut de pourvoir compter sur sa valeur intrinsèque et le travail. Se démarquer quelque soit le domaine a toujours existé, mais les voies et les buts sont devenus différents, aiguillonnés par la quête du profit facile et rapide.
    Passez une très bonne journée et continuez vos analyses toujours pertinentes.

  5. HélèneC

    Merci pour cette analyse empathique et pleine de respect pour cette personne. Oui, on étale, like le corps des femmes comme des côtelettes à la boucherie, sur leur « valeur » sexuelle fantasmée. La boucherie des corps.
    Une forme de servitude sexuelle volontaire, du au conditionnement social par les likes, Facebook est né du ranking baisable des filles de la fac.
    Ça dérape à tel point que parmi les jeunes, des mecs projettent le film porno sur le mur de la chambre et demandent à leur « partenaire » de faire pareil. Ou comment devenir l’actrice porno de ta propre vie?
    Le fait que les femmes « consomment » du porno, n’est pas un progrès, mais une avancée dans un conditionnement pervers renforçant la servitude volontaire des femmes selon des fantasmes purement masculins, construit dans le déni du féminin en tant qu’être vivant, juste des trous vivants sonores. Avec le sublime alibi, qu’un orgasme purement mécanique soit le sésame ouvre-toi à toutes les pratiques. Le consentement ne changera rien à l’affaire, si on ne change pas l’intention et la perception juste des besoins.
    Pendant que certain.es se débattent dans metoo, de la crèche à l’epad, où sont sacrifiés, femmes, filles et garçons, d’autres courent se jeter dans la gueule du loup, en faisant une belle moue aguicheuse prometteuse de mille likes.
    En occident, les tchadors sont invisibles, grâce au conditionnement social, on est invisibilisées, visibles : le crime parfait.
    Dans presque? toutes les cultures, on choisit de museler et de sacrifier les femmes, plutôt que d’éduquer les hommes à maitriser leur corps d’homme, leur apprendre à faire de la régulation émotionnelle autrement qu’en utilisant le corps d’autrui comme poubelle émotionnelle. Apprendre à respecter l’autre, à aimer l’autre vraiment en tant qu’être égal et à développer des relations sexuelles dans l’écoute de l’autre, sans rapport de domination. La démocratie commence dans le couple.
    Le sexe n’est pas un besoin, on a plein de levier alternatif pour gèrer son corps et ses pulsions, l’amour si.
    Là, on a une avalanche de sexe profondément pervers, sur un désert d’amour.
    La vraie révolution sexuelle permettant l’épanouissement et le bien-être de tous, reste à faire.
    Et on a besoin du soutien et de l’engagement des hommes pour que lé dévoilement Metoo ne se crashe par sur le retour d’un masculinisme rampant, toxique et régressif sociétalement.
    De nombreux articles sur mon blog médiapart.
    https://blogs.mediapart.fr/helene-de-troyes/blog
    Merci les hommes de vous ouvrir à ce sujet et bienvenue dans le monde d’après.

  6. Yves

    Très intéressant, comme vos écrits le sont généralement.
    Mais cette épidémie s’estompera, puis prendra fin, comme toutes. Non sans dégâts, comme les autres. C’est un des intérêts de votre analyse.

  7. Elise

    tout a fait d’accord avec vous c’est triste
    je n’ai jamais regardé ces émissions ou suivi ces influenceurs en espérant que mes enfants, petits enfants n’en viennent jamais là

  8. Corinne

    merci Rodolphe, et bravo pour ce courageux billet, allant à l’encontre d’un engouement actuel dangereux pour le « métier » d’influenceur. Vos billets font toujours preuve d’une grande retenue, d’une analyse sensible des évolutions sociales. Le parallélisme que vous établissez entre la téléréalité et la sur-exhibition de certain(e)s sur les réseaux sociaux (ou plutôt comment la téléréalité a ouvert la porte pour ce phénomène très tendance), permettra peut-être la naissance d’une réflexion autour du danger de la surmédiatisation en se rappelant le proverbe « pour vivre heureux, vivons cachés ».

  9. Annie

    Bonjour Rodolphe, c’est toujours un plaisir de lire vos articles passionnants et très pertinents.
    Le comportement de ces pseudo-stars ainsi que celui des médias sont, selon moi et de toute évidence, les signes d’une société décadente, superficielle et voyeuriste, voire la fin d’une civilisation !

  10. Janine

    Excusez moi mais le décès de Loana me parait suspect.Pourquoi le chien est mort alors que ce serait une chute, un accident , concernant Loana???????

  11. dominique

    Je n’ai jamais commenté ni vu cette merde et personne n’était obligé de le faire

  12. Nadine

    Bonjour ! Très bel article, merci de soulever ces phénomènes de société.
    Toutefois, je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous. Pour moi, le patient zéro serait la mannequin Twiggy, appelée la brindille.
    Avant les années 70, une femme qui portait du 40-42 était encore considérée comme mince, bien qu’on avait déjà eu l’influence de Brigitte Bardot, toute fine.
    C’est dans les années 70 qu’on a vu arriver les régimes les plus sordides, la presse s’en est bien servi. C’est à partir de cette époque que les mannequins sont devenus des célébrités, cher payées. L’une des conséquences est l’émergence des troubles du comportement alimentaire, au début on ne parlait que de l’anorexie et la boulimie. J’ai fait partie de l’une des 1ère associations qui prenait ces problèmes sérieusement en charge. Nous étions dans les années 85 si mes souvenirs sont bons.
    Loana est passée par là et bien d’autres !!! Ce qui est frappant, c’est que dans les enseignes de prêt à porter qui existent depuis longtemps, on a des tailles 32, le 44 est le maximum.
    Les troubles alimentaires, les maladies mentales ne font qu’augmenter et à en voir les tortures chirurgicales que les gens s’affligent pour ressembler aux icônes, on mesure un peu la puissance de la bêtise, de la duperie, mais surtout l’ampleur des dégâts quand la société fait un modèle à suivre une Loana ou une Twiggy.
    Le pire est que sous tous ces systèmes de pensée, il y a à la base, la plupart du temps, un désir de gagner de l’argent, c’est tout.
    Faites bien diffuser cet article et parlez en au maximum, autour de vous. Même au risque de passer pour le ou la rabat joie de service !!! Soyez fort, vous aurez beaucoup de résistance !

  13. Jacqueline

    La vie pour les jeunes est tres triste maintenant car ils ne connaissent rien d’autre. Ce sont des robots !

  14. Fernanda

    Bonjour Monsieur,
    Vous ne pouviez trouver de mots plus justes pour lui rendre Honneur, Merci cher Homme pour votre valeureux positionnement. Respect à Loana qui s’est battue de toutes ses forces pour survivre. Parce que se reconstruire, Vivre dans de telles conditions est juste inaccessible.
    La source Première ???????? « retrouvée au centre d’une machine médiatique cynique et, à tout point de vue, grossière, laquelle a exploité sans vergogne son image et sa réputation. » & “NON pas” ses traumatismes d’enfance sur lesquels certains s’appuient pour justifier sa décente aux enfers !
    Déjà à petite échelle, vivre le phénomène Truman show (invitation à un Dîner de cons, y compris) est fort destructeur, alors à l’échelle médiatique comme Loana, c’est.. je ne trouve pas de mot assez fort pour l’exprimer ???????? Misère quelle solitudeS endurées
    Puisse le décès de cet Ange, qui paya de sa vie le prix de son innocence, nous offrir à nous tous, vivant dans cette société malade, de quoi s’interroger sur nos valeurs, dont celles prêtées à la réussite, l’image & l’argent.
    En tant que femme, je ne peux qu’adhérer aussi au reste de vos propos concernant cette forme d’esclavagisme imposé.
    Repose bien en Paix Loana ???? & Gratitude pour la leçon que tu nous offre ✨????????

  15. Jean-Louis

    Comment ne pas évoquer Guy Debord et son livre, « La société du spectacle », paru en 1967 ? Près de 60 ans et déjà, tout ou presque était dit et analysé de cette inexorable décomposition, qui allait progressivement s’accélérer, de la « société de consommation », inévitable conséquence de l’avidité charognarde du capitalisme pour le profit « toujours bourgeonnant » analysé par Marx. La triste réalité de cette crise historique inévitable, bien que prévue depuis longtemps, nous a enfin rattrapée. Nous payons très cher le mépris de la philosophie, de la pensée critique et la soumission au développement programmé de la crétinisation des masses, cultivé par les pouvoir politiques pour mieux asseoir leur domination. La facture est très lourde au niveau individuel comme collectif et nous n’avons pas fini de la payer ,peut-être même jusqu’à la disparition de notre espèce, si les peuples ne retrouvent pas l’énergie et la volonté de prendre en main leur destin…

Répondre à Elise Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *