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Santé et émotionsSociété7 juin 202613 min37 vues
44 commentaires

Des tas de TDAH

Rodolphe Bacquet 7 juin 2026

Chers amis,

Aujourd’hui j’aborde avec vous un sujet que je ne maîtrise pas forcément, et surtout sur lequel j’ai du mal, je le confesse, à me former une opinion.

Aussi serais-je très curieux de connaître votre opinion.

Ce sujet, c’est celui de la « neuroatypie », appelée également « neurodivergence ».

La neuroatypie, si je devais la définir au lance-pierre, consisterait en ceci : le fait de ne pas avoir un cerveau fait, et fonctionnant, comme tout le monde.

Le terme même de neuroatypie (par opposition à « neurotypie », soit le fait, si je résume à gros traits, d’avoir un cerveau « normal » … terme là encore bien insatisfaisant !) était encore parfaitement inconnu ou du moins inusité dans le langage courant il y a dix à quinze ans.

Il rassemble, aujourd’hui, toute une panoplie de troubles et de diagnostics à acronymes, dont les plus célèbres sont :

  • TDAH (pour : Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) ;
  • HPI (Haut Potentiel Intellectuel) ;
  • TSA (Trouble du spectre autistique).

Aucun de ces troubles n’est considéré comme une maladie : ils n’ont aucun marqueur biologique et la question de leur origine génétique est, sinon discutée, du moins très partielle.

Ces termes se sont développés d’abord dans le domaine de la psychologie de l’enfance, pour expliquer et accompagner des profils qu’on aurait qualifié, il y a un demi-siècle, au choix, de « bon à rien », d’« enfant terrible » et même de « premier de la classe » !

Puis ces diagnostics se sont étendus à la population adulte avec une avalanche de « diagnostics tardifs ».

Et pour cause ! Il y a quinze ans, si quiconque vous avait dit que vous étiez HPI, vous l’auriez regardé avec des yeux ronds.

Tous neurodivergents ?!

Aujourd’hui, la presse féminine (pardon, mais c’est vrai) – dans laquelle j’inclus la presse « psy », – la radio et une série télé ont contribué à populariser ces termes, au départ cliniques, avec des conséquences pour le moins contrastées.

D’une part on observe, çà et là, un véritable soulagement d’adultes à voir leur « neuroatypie » reconnue et diagnostiquée.

D’autre part, on assiste à un curieux phénomène de mode – littéralement – poussant un nombre croissant de quadragénaires (en moyenne) à aller se faire dépister un TDAH comme on irait se faire faire son thème astral.

Un article publié dans Madame Figaro la semaine dernière, se faisait ironiquement l’écho de cette mode[1] :

Il y a tout de même quelque chose d’assez cocasse de voir ainsi des gens comme vous et moi chercher à vérifier s’ils sont neuroatypiques – donc, si vous m’avez suivi, pas comme tout le monde !

À tel point qu’une nouvelle « normalité » consisterait précisément à se découvrir une telle neurodivergence.

Est-ce une forme nouvelle de recherche de distinction ? Une étape supplémentaire du « développement personnel » également à la mode ? Ou bien une quête de solution et de réponse à une authentique souffrance ?

Sans doute un peu des trois, avec des nuances selon les profils. Vous voyez, là encore, que j’ai du mal à me faire une opinion.

TDAH, TSA, de quoi parle-ton exactement ?

Que désignent réellement ces termes que l’on emploie en ce moment à tout bout de champ ?

Avant d’être des étiquettes que l’on colle sur une personnalité, ce sont je le disais – pour certains d’entre eux – des notions cliniques bien précises.

Prenez le TDAH, acronyme de Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité.

Contrairement à l’image d’Épinal du petit garçon incapable de rester assis sur sa chaise, le TDAH ne se résume pas au fait d’être « turbulent ».

Les psychiatres décrivent plutôt un ensemble persistant de symptômes touchant trois grands domaines[2] :

  • l’inattention : difficulté à maintenir son attention, oublis fréquents, tendance à passer d’une tâche à l’autre sans terminer ;
  • l’impulsivité : parler ou agir avant de réfléchir, difficulté à attendre, décisions prises trop vite ;
  • l’hyperactivité : agitation physique… mais aussi parfois, chez l’adulte, une agitation intérieure permanente, un cerveau qui ne semble jamais s’arrêter.

Point important : pour parler de « trouble », ces traits doivent provoquer une véritable souffrance ou une gêne importante dans la vie quotidienne.

Car sinon, nous sommes probablement très nombreux à pouvoir nous reconnaître dans cette description un lundi matin après une mauvaise nuit !

Le TSA, lui – le Trouble du Spectre de l’Autisme – c’est encore autre chose.

Le mot « spectre » est essentiel.

Il rappelle qu’il n’existe pas « un » autisme mais une très grande variété de fonctionnements, allant de personnes nécessitant un accompagnement quotidien majeur à des adultes autonomes ayant simplement une manière différente de percevoir le monde.

Les critères retenus aujourd’hui concernent notamment les particularités dans la communication sociale, les interactions avec les autres, les intérêts spécifiques, le besoin de routines ou encore certaines sensibilités sensorielles.

Mais là encore : aucune prise de sang, aucun scanner du cerveau ne permet aujourd’hui de dire « vous êtes autiste » ou « vous ne l’êtes pas ».

Le diagnostic repose sur une évaluation clinique.

Et puis il y a le fameux Haut Potentiel Intellectuel, ou HPI.

HPI, ou l’OVNI conventionnel et content de l’être

Le HPI occupe une place encore plus étrange, voire problématique, dans ce paysage.

Car le Haut Potentiel Intellectuel n’est pas un trouble psychiatrique.

Ce n’est pas davantage une maladie.

Ce n’est pas non plus un diagnostic médical !

Historiquement, il désigne simplement des personnes ayant un quotient intellectuel significativement supérieur à la moyenne – souvent défini par convention autour d’un QI égal ou supérieur à 130, soit environ 2 % de la population[3].

À partir de là, les choses se compliquent.

Car au fil des années, on a progressivement associé au HPI toute une constellation de caractéristiques : hypersensibilité, pensée en arborescence, sentiment de décalage, ennui, perfectionnisme…

Certaines personnes se reconnaissent profondément dans ce profil.

D’autres chercheurs rappellent que ces traits sont loin d’être systématiques et que deux personnes HPI peuvent être aussi différentes l’une de l’autre que deux personnes prises au hasard dans la rue.

Ce qui m’amène à la question suivante : si autant de personnes cherchent aujourd’hui à savoir si elles sont « atypiques », qu’est-ce que cela dit de notre conception de la normalité ?

Nous vivons à une époque qui valorise comme jamais la différence, l’originalité, la singularité.

Être « comme tout le monde » est presque devenu une inquiétude, voire une tare.

Pendant des siècles, l’être humain a cherché à appartenir au groupe. À rentrer dans la norme. À ne surtout pas être celui qui dépasse.

Aujourd’hui, une partie de la population semble chercher exactement l’inverse : découvrir ce qui la rend unique, et l’afficher comme le trait saillant de son identité.

Dans le cas du label « HPI », l’effet est d’autant plus recherché qu’il signifie à la fois « je suis différent » et « je suis plus intelligent que la moyenne ».

Pour un peu, la fameuse phrase de la fin des années 2000 de Jacques Séguéla « Quand t’as pas une Rolex à 50 t’as raté ta vie » pourrait bien être remplacée aujourd’hui par « Si t’as pas été diagnostiqué HPI, t’as raté ta vie ».

On voit également ce goût de la distinction à tout prix avec la recherche éperdue, chez toute une frange de la population, d’une identité sexuelle « non binaire » : on ne se définit plus comme homme ou femme, mais entre les deux, un mélange des deux, voire ni l’un ni l’autre.

Je n’associe pas ces deux phénomènes gratuitement : il y a quelques jours, dans un article du journal suisse « Le Temps », j’ai été frappé par le fait que presque tous les témoins cités dans un article consacré au TDAH dans le couple se définissaient comme « non binaire », « queer », et même BDSM[4] !

Bon, c’est encore une autre question, j’en ai conscience.

Laissez-moi simplement aborder deux limites, ou effets pervers, de cette « épidémie » actuelle de diagnostics neuroatypiques.

Premier effet pervers : la fiche jargonneuse

Je le disais au début de cette lettre, il y a dix à quinze ans, l’usage de ces acronymes était « réservé » à une profession.

Sa démocratisation à outrance fait que chaque parent souhaite, consciemment ou inconsciemment, qu’une neurodivergence, disons flatteuse, soit diagnostiquée pour leur enfant… voire pour lui-même… là où il y a quelques années nous aurions eu droit à une appréciation moins jargonneuse.

Pour illustrer ce travers, je me suis amusé à « diagnostiquer » les différents personnages d’une œuvre dont vous connaissez sans doute le corpus : Le Petit Nicolas.

Les textes de Goscinny, illustrés par Sempé, mettent en scène une galerie de personnages récurrents au caractère bien marqué, et qui nous rappellent à tous des profils que nous avons côtoyés dans notre enfance ou dans notre vie de tous les jours.

Si cette galerie de personnages était passée au crible de la « neurodivergence » contemporaine, voici ce que cela donnerait :

Nicolas : HPE / hypersensible créatif
Enfant à forte résonance émotionnelle, très sensible aux injustices, aux conflits et au regard des autres. Imagination débordante, pensée associative, besoin de liens affectifs forts ; intelligence davantage intuitive qu’académique.

Alceste : profil sensoriel / épicurien régulé
Personnalité stable, peu anxieuse, centrée sur les plaisirs simples et les sensations (notamment alimentaires). Bonnes capacités sociales, loyauté élevée.

Clotaire : TDAH inattentif probable / intelligence non scolaire
Difficultés d’attention, d’organisation et d’adaptation au cadre académique classique. Esprit rêveur mais pas dénué d’intelligence : capacités pratiques, humour et compréhension sociale souvent supérieure à ses résultats.

Eudes : TDAH hyperactif-impulsif probable
Forte énergie motrice, impulsivité, réactions immédiates et faible inhibition émotionnelle. Fonctionnement spontané, physique et loyal : l’émotion passe par l’action avant la réflexion.

Agnan : HPI scolaire possible + anxiété de performance
Grandes capacités verbales et académiques, respect scrupuleux des attentes adultes. Perfectionnisme, peur de l’échec et difficulté à s’intégrer avec ses pairs ; intelligence utilisée comme protection.

Bref, plus d’Alceste « gourmand », ni de Clotaire « cancre », ni d’Eudes « bagarreur », ni d’Agnan « intello à lunettes », mais des fiches-profils jargonneuses. Cela fait tout de suite plus sérieux.

Est-ce plus vrai ainsi ? Je ne sais pas. Mais c’est moins drôle !

Second effet pervers : l’excuse

L’autre effet pervers, que j’ai constaté à la fois chez certains parents au sujet de leur progéniture, mais également chez certains adultes, c’est l’excuse (je ne trouve pas d’autre mot) que peut aussi représenter ce « diagnostic ».

« Je ne suis pas désorganisé : j’ai un TDAH. »

« Je ne suis pas trop sensible : je suis HPI. »

« Je ne suis pas asocial : mon fonctionnement est différent. »

J’ai conscience que pour beaucoup de personnes, cette découverte est probablement autant une révélation qu’un immense soulagement, qui leur permet de relire toute leur vie avec une nouvelle grille de lecture, un nouvel éclairage.

C’est, une fois encore, le paradoxe de la « neuroatypie » qui en fin de compte classe dans une nouvelle normalité un comportement ou un profil auparavant jugé dissonant.

Ces gens qui se sont entendu répéter toute leur enfance qu’ils étaient paresseux, ou bizarres, ou trop rêveurs, ou trop intenses, ou trop dans leur monde, etc., etc., découvrent parfois qu’ils n’étaient pas « défectueux » : ils avaient simplement un mode de fonctionnement différent.

Mais cette pente est savonneuse en diable.

Elle constitue une excuse bien commode derrière laquelle se réfugier quand une autre personne, même diplomatiquement, fait remarquer ce trait ou ce défaut : « ce n’est pas ma faute, je suis comme ça ».

Cela est déjà terrible (et peut-être assez lâche) quand on est adulte : il y a une forme de renoncement, d’abandon au diagnostic, qui justifie certains comportements qui seraient normalement considérés comme impolis, déplacés.

Récemment, j’ai même vu des adultes « brandir » et annoncer leur neurodivergence avant même de se présenter à moi pour obtenir une petite faveur, ou satisfaire ce qui ressemblerait, chez un enfant, à un caprice.

Ce réflexe est délétère, à mes yeux, car il est le signe que le diagnostic d’une neurodivergence, quel qu’il soit, a non seulement été pris pour argent comptant, mais pour définitif, empêchant tout travail sur soi, toute progression, toute évolution.

Mais pour les enfants, c’est encore pire.

Un enfant qui s’est entendu dire, durant la majeure partie de son enfance, « ce n’est pas de ta faute mon chéri, tu es différent car tu es (mettez ici l’acronyme de votre choix) » intègre cette information comme un trait constitutif de son identité dont il aura le plus grand mal à se défaire à l’âge adulte, si toutefois il prend même conscience de la croyance limitante que cette étiquette constitue.

Ces diagnostics, avec leur jargon technique sous forme d’acronymes, restent des cases, et des cases dont il est d’autant plus difficile de s’affranchir qu’elles font « médicales » et « sérieuses ».

Le risque est de transformer chaque trait de caractère en symptôme, chaque difficulté en diagnostic, chaque bizarrerie humaine en catégorie psychologique, brandi dès lors comme un joker au cours de cette partie de cartes sociale qu’est la vie parmi les hommes et les femmes (et les êtres non-binaires & compagnie).

Mais, je l’admets, si j’ai été témoin de plusieurs « diagnostics » de neurodivergence dans mon entourage, je n’en ai pas (jusqu’ici) été l’objet ; aussi mon analyse vous paraîtra-t-elle injuste, peu empathique voire même méchante.

C’est aussi pour cela que je vous demandais de me donner votre opinion à ce sujet, ce que je vous invite à faire ici.

Portez-vous bien,

Rodolphe


[1] Voir la source

[2] Voir la source TDAH, une « maladie à la mode » ?, EnableMe

[3] Voir la source Bilan Psychologique, Le Haut Potentiel Intellectuel.

[4] Voir la source Coline Clavaud-Mégevand, 3 juin 2026, Le Temps

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44 commentaires

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  1. Françoise
    A force de creuser... on va finir par trouver du pétrole ! A vous lire je découvre avec surprise que je pourrais être TDAH ! Alors que je crois tout simplement PROCRASTINER ! Il est vrai que je suis plutôt multitâches et passe d'un sujet à l'autre sans forcément de suite logique mais nous avons tous nos qualités et nos défauts et arrêtons peut-être de trop chercher la petite bête là où elle n'est pas ? Nous sommes tous différents et dans la mesures où nos petits défauts ne nous chagrinent pas trop arrêtez peut-être de trop consulter les psy ?
  2. Christine
    Rodolphe, vous voyez juste, cette épidémie d'étiquettage, empêche les personnes de prendre responsabilité pour leur situation, leurs actes, ou le manque de. De plus les médecins distribuent la ritaline comme des petits bonbons à ces enfants, mais on ne cherche pas la source dans la malnutrition, l'excès de sucre à ces problèmes de concentration ou à l'hyperactivité de certains. La force des mots entendus, répétés sur le comportement des personnes est énorme, mais personne n'en tient compte. L'éducation des enfants est partie à la dérive. J'ai connu une maman qui sur l'ordonnance de son médecin a changé la nourriture de l'un de ses enfants hyperactif, ce qui a donné les résultats attendus, L'enfant s'est calmé. Cette maman qui avait deux enfants et qui avait continué à nourrir le reste de sa famille comme d'habitude, trouvait trop fatigant de faire deux menus chaque jour, a demandé à son médecin s'il ne pouvait pas prescrire la ritaline à son fils, pour qu'elle ait moins de travail. Depuis que les deux parents travaillent, ils ont moins de temps pour s'occuper de leurs enfants, et ceux-ci cherchent l'attention des autres en étant singulier. On est en train de créer une drôle de société.
  3. Christine Cardoso
    D'accord avec vous; c'est du je roule sur tout, la tête dans les nuages,ne suis avec personne ,mais sans me sentir diminué!..
  4. Josy
    Très bonnes questions et analyse. Attention de ne pas se laisser enfermer dans des petites cases!
  5. Pascal L.
    Bonjour, Je suis HPI. Teste et confirmé par une psychologue experte. Pas parce que je je souhaite me faire étiqueté socialement comme plus intelligent (QI 135) ni me justifier de mes difficultés, mais bien parce que pendant 60 ans je me suis demandé si je n’étais pas idiot, pourquoi l’on me mettait socialement de côté. Je luttais contre moi même tout les jours, cela m’a mener au burn-out. Depuis que cette neurodivergence a été confirmée, je commence enfin à comprendre et à équilibrer mes forces et mes faiblesses. Et vous écrivez, et laisser donc une indication, comme quoi ce serait un effet de mode, susceptible de jugement par le corps social ? Merci, il va donc falloir que je me justifie un peu plus, auprès de gens qui ne comprendrons jamais la réalité intimes des HPI.
  6. jacquier martine
    Bonjour Oui les enfants sont de plus en plus touchés par le TDAH (effets secondaires des vaccins ???, malheureusement la médecine propose à ces jeunes anti dépresseurs, quel horreur ! Mon petit fils âgé de 15 ans touché par ce mal est soigné actuellement par la méthode TOMATIS et il va beaucoup mieux.
  7. Marlène
    Bonjour Rodolphe, Votre réflexion m’a intéressée, car elle résonne avec une partie de mon histoire. Je suis quadragénaire, et lorsque j’étais enfant, j’ai été suivie par une orthophoniste pour des troubles « dys ». Pour passer mon bac, j’ai même bénéficié d’un tiers-temps, car il avait été établi que j’étais plus lente que les autres pour lire et comprendre certains énoncés. Aujourd’hui, adulte, je me sens tout à fait normale, ou plutôt pleinement moi-même, loin de cette période où ce fonctionnement « dys » prenait beaucoup de place dans ma vie. Pourtant, récemment, lors d’une formation, j’ai été prise d’angoisse au moment de lire. Je n’ai plus réussi à déchiffrer correctement, et une autre personne a dû prendre le relais. À la fin, le formateur m’a demandé ce qui s’était passé. J’ai d’abord répondu : « Rien du tout », puis j’ai fini par lui expliquer que, plus jeune, j’avais été dyslexique. Il m’a alors dit que ce n’était peut-être pas une orthophoniste que j’aurais dû voir à l’époque, mais une orthopédagogue, ce qui n’existait pas vraiment dans mon parcours à ce moment-là. Selon lui, je semblais davantage être HPE que simplement « dys ». Il m’a même parlé d’un cerveau qui fabriquerait trop de myéline, et m’a dit qu’il trouvait dommage que je n’aie pas été mieux diagnostiquée, car j’aurais peut-être pu devenir « autre chose ». Je pense que cela partait d’une bonne intention. Mais cette phrase m’a aussi dérangée. Je n’aime pas beaucoup les étiquettes. Elles peuvent soulager, expliquer, éclairer un parcours, bien sûr. Pour certains, elles sont même une délivrance. Mais elles peuvent aussi enfermer au lieu d’élargir. Elles peuvent nous faire croire que nous sommes résumés à un fonctionnement, à un acronyme, à une case, alors que nous sommes bien plus vastes que cela. Nous sommes huit milliards d’êtres humains uniques. Je crois que nous ne devrions pas chercher à tout prix à entrer dans des catégories, même flatteuses, mais plutôt à mieux nous comprendre pour évoluer chaque jour vers une version plus juste, plus libre et plus consciente de nous-mêmes. Un diagnostic peut être une lampe. Il ne devrait jamais devenir une cage. Bien à vous, Marlène
  8. Catherine
    Bonjour Rodolphe, En ce qui concerne les HPI, incluez-vous ceux qui sont diagnostiqués ou ceux qui disent l’être sans jamais n’avoir fait aucun test, à part ceux, trompeurs, que l’on trouve sur la toile ? Pour tout ce que vous écrivez, magnifiquement bien, je suis entièrement d’accord avec vous et je trouve extrêmement intéressant l’analyse que vous faites sur le besoin d’être unique et de se distinguer à tout prix. Je trouve aussi tout à fait exact l’idée de la «déresponsabilité » (je ne sais pas si ça se dit)… il suffirait peut-être d’apprendre à être soi-même, à s’aimer et à être bien ancré pour assumer tout ce que l’on est de particulier. Je vous donne un exemple : je suis une hypersensible multi-sensorielle. Pas besoin de test pour ça : les étiquettes et certaines matières me gênent, j’ai un odorat très développé, sensible à la lumière, aux bruits et je ne peux plus ouvrir les yeux quand je mange des fruits acides. J’ai longtemps voulu cacher tout ça… ayant peur de passer pour la névrosé de service (ce que nous sommes tous à différents niveaux). À 55 ans, j’ai juste appris à assumer ce que je suis et je ne cache plus mes diverses sensibilités. Je suis bien ancrée, bien enracinée et je me fiche du regard des autres sur mes particularités. Assumer ce que l’on est passe par un travail sur soi et sur l’acceptation de nos différences. Et en réalité, nous sommes incroyablement semblables et différents à la foi. Dès lors, le besoin de se distinguer n’a plus la même urgence… être heureux de ce que l’on est suffit… À bientôt et au plaisir de vous lire. Catherine
  9. Yann Chen
    Bonjour Article très interessant merci d'avoir fait un point sur ce que je juge etre un effet de mode pas très sain et ne concernant finalement qu'une certaine catégorie de la population citadine. Avez-vous relié cette vague de neurodivergents avec les vaccins comme le fait Mr Kennedy jr aux Etats Unis ?
  10. catherine
    Bonjour, J'ai longtemps refusé le diagnostique tant pour mes enfants que pour moi. Force est de constater, que pour mes enfants, ça a libéré du stress car ils ont compris leur fonctionnement (réduction de tics, de nervosité, idée et affirmation de leurs envies et recherche de solution concrète). Pour cela, il est nécessaire, de mon point de vue : - d'avoir un bon professionnel qui fait un retour exhaustif et s'adresse aux enfants avec tacte et clarté, - encadrer et donner une structure aux enfants (n'importe lesquels), ce qui les aident à grandir, - ne pas vouloir absolument se définir par rapport à cette "norme" et continuer à vivre en société. En fait, cela amène à chaque personne la possibilité de mieux adapter sa vie en se connaissant mieux, en trouvant des solutions, en étant peut être plus tolérant... envers soi et les autres. Je pose également un constat : neuroatypique ou normoatypique n'est pas un plus si vous n'en faites rien. Et certaines personnes n'en feront rien et se traiteront mal toute leur vie.
  11. Trichereau
    Bonjour Je suis totalement en accord avec votre analyse Cordialement
  12. MARIE
    Cher Rodolphe, Je suis tellement d'accord avec les propos que vous exprimez, que je suis réconfortée de ne oas être la seule à y penser! Il y a 15 ans, on m'a diagnostiqué une maladie, dite orpheline. Cela expliquait bon nombre d'accidents de parcours, et, j'ai été soulagée. Non, d'être un cas rare, mais surtout, que tout ne vienne pas de "ma tête"... le temps a passé et je n'ai de cesse de croiser des individus avec la même maladie. Qui, du couo, n'a absolument plus rien de rare! Pour tous les acronymes que vous évoquez, il en va de même! Beaucoup cherchent, effectivement, à se démarquer du commun des mortels, mais à force, ce sera tellement commun, qu'il n'y aura plus de démarcation. Mais, et c'est cela qui m'agace, tout est excusable, puisque les gens s'autodiagnostiquent TD..., TH...! Perso, lorsque je veux voir des personnes adorables, polies et pleines d'humour, je me rend à l'ESAT près de chez moi. Dingue, non?
  13. Jeanne
    Bonjour, J'ai lu avec intérêt votre article : la situation que vous décrivez fort justement tient à 3 causes : 1- une absence de culture générale qui, par défaut, empêche de voir que chacun est différent et que ceci est normal : la biodiversité est ,normale autant dans la nature que dans l'humain..... 2 - une absence de culture historique : ces différences ont toujours existé et été mentionnés dans divers écrits depuis la plus haute Antiquité. 3 - Cette absence de vision globale donne une vision horizontale qui devient alors soumise à une fausse science. Ces psy et médecins ont-ils d'abord fait une quelconque recherche sur ce qui s'est passé antérieurement ? Tout ceci est du vent, mais perturbe fortement.... Bon courage pour votre travail
  14. Quillé thérèse
    J'ai été médecin pendant 40 ans (jusqu'à ce que l'Ordre des Médecins me sanctionne : j'avais conseillé l'homéopathie, les plantes, l'ivermectine, la chloroquine pendant le Covid et parlé de l'inefficacité et des vaccins contre le Covid! Je pratique l'homéopathie, l'ostéopathie. J'ai découvert une méthode de traitement que j'ai appelé "harmonisation Globale": après avoir mis en évidence que le trouble dont se plaignent les personnes entrainent des perturbations énergétiques au test de réponse musculaire, on recherche l'origine de ces troubles. Le "traitement" se fait par l'auto-thérapie: le consultant se focalise sur l'origine de ses troubles pendant que le praticien se met en état de présence? www.therese-quille.com. J'ai fait de nombreuses recherches sur l'origine de ces troubles et j'ai très souvent recherché (et harmonisé avec succès) des origines infectieuses ou vaccinales pendant les premières années de la vie et même pendant la vie intra-utérine. C'est comme si l'atteinte virale avait perturbé certaines liaisons entre différents centre de coordination cérébrales
  15. Jean-Jacques Ruelle
    Et si l'Inflammation Analphabétique (IA) s'en mêle en plus, on peut craindre le pire pour cette civilisation décadente !
  16. Delphine d
    Bonjour, facile de se moquer pour qui n'est pas impacté par un TDAH. Nous ne cherchons pas d'excuses, juste une acceptation de nos difficultés à vivre dans un monde pas vraiment fait pour nous. Les TDAH représentent environ 5% de la population, accepter que des différences existent dans notre société n'a jamais fait de mal à la majorité mais peut changer la vie de ceux qui vivent ces différences. Effectivement il y a 20 ans ce terme était moins connu, il y a 15 ans un peu plus puisque j'ai été diagnostiquée en 2011 comme "adulte TDAH". Par ailleurs il y a 15 ans en France il n'était pas question d'endometriose non plus, pas plus que de maladie de Lyme. Oseriez vous le même article sur ces 2 maux ? J'en doute. De plus vous mélangez tout car être HPI n'a rien à voir avec le fait d'être neuroatypique. Il est possible d'être les 2 en même temps ou d'être HPI et neuroatypique. Que la série de TF1, HPI, ait mis ce point "à la mode" est une chose qui ne doit pas être mélangé avec le reste. Quant au fait que plus de personnes cherchent à être reconnue pour ce qu'elles sont et plus à être un être indifférencié de la masse devrait vous être plus sympathique si je me réfère à vos articles. Plongeriez vous au sujet des neuroatypies dans le bocal aisé des conservateurs de tout poil qui se désespère de cette société qui veut "trouver des excuses à toutes les paresses" ?
  17. LASSEYTE MARIE
    Je me régale à chaque fois de vous lire. J'ai ri ! ri et ri ! Je me posais exactement les mêmes questions. J'adore votre analyse ! Pour ma part je n'ai trouvé aucun profil qui me corresponde. Peut-être HPDD (Haut Potentiel De Débilité) ça n'est pas de ma faute j'en ai beaucoup autour de moi, ça déteint. Merci pour ce moment de pur bonheur, Rodolphe.
  18. Paty
    Bonjour, L'analyse est assez pertinente. Le problème vient du fait que nos sociétés soit rejettent la différence, soit l'intègrent comme un cas (clinique ?) à traiter différemment. Bref, personne n'accepte que chacun soit unique. Pour moi, cela relève de cette manie à mettre chacun dans une case bien définie, et à l'y laisser. Je pense que les gens qui se sentent mal et ne peuvent ni s'accepter comme ils sont ni se remettre en cause y voient une opportunité pour ne pas changer, au moins en apparence, et le brandissent comme un étendard parce qu'il faut être anormal pour exister. Toutes les dérives sectaires et manipulatrices connaissent bien cette particularité typiquement humaine, et en usent et abusent pour prendre le dessus sur les persoonnes. Assistons-nous à une dérive de la société dans son ensemble ? L'avenir nous le dira... Je suis mère d'un enfant qui a été diagnostiqué HPI il y a plus de 20 ans, je me suis posé beaucoup de questions, mais je l'ai amené à s'accepter comme il est, sans pour autant mépriser les autres. Il a fait son chemin, reste certes atypique, mais vit "normalement", à sa façon. Quand on n'acceptera d'être simplement différent les uns des autres, qu'on comprendra que c'est une complémentarité salutaire, et que seules des règles de respect mutuel peut faire avancer le monde, alors l'humanité aura fait un grand pas vers une société plus juste et éthique ... mais à mon avis on n'en prend pas le chemin... Bonne journée :D
  19. IMA
    100 % d'accord avec vous. Franjo a fait un sketch très pertinent sur le sujet...
  20. Marie-Françoise Lavaud
    Cher Rodolphe, Je pense que votre analyse n’est ni méchante, ni peu empathique, ni injuste. Elle est bien au contraire, pleine d’esprit, juste et pertinente.(Comme d’habitude, oserais -je dire). Il manque encore quelques adjectifs pour mieux la qualifier… Vos analyses sont pleines d’esprit de justesse et d’équilibre. Et de courage également. Sans parler de l’humour!!! Et de la l’honnêteté intellectuelle, si rare. Quelle idée brillante de prendre l’exemple du Petit Nicolas qui illustre si bien l’univers de l’école! J’ai beaucoup ri ! Professeur à la retraite, je connais par cœur tout cet univers. Quand au cerveau, et à ses divers fonctionnements, ce fut l’une de mes spécialités et c’est toujours ma grande préoccupation. C’est dire si j’ai apprécié votre analyse ! D’ailleurs je garde précieusement vos articles que je relis avec toujours autant d’intérêt et de bonheur. Bravo! Et merci!
  21. Berlinea
    Bonjour, Concernant mon expérience personnelle mon compagnon ancien -toxicomane diagnostiqué TDAH et sous concerta pour soigner se trouve et y compris ses addictions, prend toujours cela comme base à sa toxicomanie et à son alcoolo-dépedance donc une co-morbidité. La vie quotidienne est difficile, il faut compenser et cela devient épuisant surtout si on souffre ensuite soit même d'une pathologie de santé. Voilà mon retour d'expérience personnelle et merci pour votre article qui met en lumière cette nouvelle "tendance" du moins en France car dans d'autres pays par exemple la Slovénie, les enfants sont diagnostiqués bien plus tôt et il y a ou il y avait aussi moins d'enjeux mercantiles.
  22. Berlinea68
    Bonjour, Concernant mon expérience personnelle mon compagnon ancien -toxicomane diagnostiqué TDAH et sous concerta pour soigner se trouve et y compris ses addictions, prend toujours cela comme base à sa toxicomanie et à son alcoolo-dépedance donc une co-morbidité. La vie quotidienne est difficile, il faut compenser et cela devient épuisant surtout si on souffre ensuite soit même d'une pathologie de santé. Voilà mon retour d'expérience personnelle et merci pour votre article qui met en lumière cette nouvelle "tendance" du moins en France car dans d'autres pays par exemple la Slovénie, les enfants sont diagnostiqués bien plus tôt et il y a ou il y avait aussi moins d'enjeux mercantiles.
  23. Nadine
    Merci pour votre article très intéressant ! Vous nous demandez notre avis, voici le mien, avec grande joie ! Je résumerai ainsi. Avant, la société avait des règles strictes, sévères, incontournables, dictées par la religion et la société, le savoir vivre, l'école. Tout le monde s'y pliait, l'éducation des enfants était calée là-dessus. Mais les enfants étaient cadrés, on leur apprenait à gérer leurs pulsions, rester en place, se discipliner, il n'y avait pas le choix. Or, les petits cerveaux en pleine croissance étaient cadrés, de ce fait, avaient une structure. Puis on a tout fait sauter, après 68, au nom de la liberté, sans discernement. On a tout balayé, critiqué, au nom du développement personnel quelques années plus tard. Ça donne des cerveaux non structurés, en roue libre, des gens égoïstes centrés sur leur petite personne. Les enfants d'aujourd'hui ne reçoivent ni règle, ni éducation réelle, ni obligation. Ça donne des petits animaux sauvages, des tyrans. Alors on fait forcément un diagnostic, à force de consulter !! La plupart sont des grosses juste pas élevés, avec des parents eux-mêmes avec des carences, et surtout qui n'assument plus leurs responsabilités de parents. Des cerveaux différents, vraiment, ça doit être juste une partie de la population et ça fait partie de l'équilibre naturel. Ils ont quelque chose à apporter à la société, qui participe à l'équilibre général. Il me semble que la plus grande chose à accomplir dans notre vie est d'assumer nos différences, car chacun est unique. Notre responsabilité est de le faire en acceptant la société telle qu'elle est, en respectant ce qui est. Accepter ses différences, c'est le contraire de trouver des excuses pour ne pas le faire, en se réfugiant derrière un diagnostic.
  24. Elisabeth
    Bonjour, Deux de mes petites-filles (sur 5) sont diagnostiquées TDAH !!.. Lorsque notre fils et sa compagne sont allés chercher les résultats des test de leur fille, il s'est rendu compte que sur bien des items il "cochait" les cases!!! Sa scolarité a, effectivement, été "pénible" il n'était pas "scolaire" mais il a tout de même décroché son bac Génie Civil avec mention AB. Il a poursuivi ses études d'Architecture sans aucun problème (6 ans) à l'époque + un DESS d'Urbanisme, bien qu'étant catalogué pas fait pour les études. Il est actuellement co-dirigeant d'une belle agence de 80 personnes... Ce qui me pose vraiment question, c'est effectivement l'effet mode qui consiste à "vouloir faire rentrer les individus dans des cases". Certes c'est plus confortable mais c'est aussi dangereux, je vous rejoins dans vos analyses. En ce qui concerne ma petite fille l'institution scolaire exige la confirmation du diagnostique par un psychiatre pour reconnaître le trouble.. Et peut-être adapter un tant soit peu la méthodologie d'apprentissage. Pour ma part je lui a déjà vivement recommandé de ne pas se laisser enfermer dans cette case d'autant qu'elle a par ailleurs des compétences. Elle a 9 ans et demi. Je précise toutefois que j'ai aussi une fille qui elle était très scolaire et est arrivée à bac+5. Elle a aussi une fille TDAH (épidémie ??) Voici en quelques mots ce que m'inspire cette nouvelle mode, et mon expérience sans "mode".
  25. Bicheyre Marie
    En tant qu’enseignante depuis plus de 20 ans, ces termes techniques qui sont en constante augmentation et « affinement » obligent les enseignants et le système médico-éducatif à fournir aux parents des « solutions » tout en déresponsabilisant les parents: désormais leur enfant est diagnostiqué TDAH, TSA etc donc ils n’ont plus rien à faire , ils ont fait leur part en allant chez tous les professionnels jusqu’à obtenir LE diagnostic et ils attendent de l’institution scolaire de permettre la réussite de leur enfant sans que rien ne change chez l’enfant ou les parents. A l’école de s’adapter pour que l’enfant obtienne ses diplômes ( tiers temps, épreuve adaptée, explication des consignes au bac ). Bref l’élève n’a pas à travailler particulièrement puisqu’il est différent des autres mais il doit obtenir les mêmes résultats que les autres. Je m’interroge sur cette pseudo bienveillance scolaire, car je doute qu’une fois adulte le monde du travail propose autant d’adaptations. Pour moi ce jargon médical équivaut à entériner un renoncement de l’enfant et un abandon des parents dans l’accompagnement de leur enfant.
  26. nizard michele
    j'ai 70 ans et je suis tdah depuis l'Age de 11 ans j'ai été diagnostiquée il y a 10 ans c'est une souffrance permanente insomnie anxiété impulsivité le cerveau qui n'arrête pas etc. j'aurais bien voulu être comme les autres
  27. BEAUFRERE C
    Bonjour, Effectivement c'est un effet de mode et de mauvaise éducation. Chaque personne a des tendances. Nos ancêtres essayaient d'en contenir les excès : tourne 7 fois ta langue dans ta bouche avant de parler. Aujourd'hui tous ces acronymes sont plus d'excuses que de recherche de solutions. Avant il y avait une verticalité, les adultes étaient au dessus des enfants. Les parents et les enseignants avaient une autorité. La loi sur la "claque" pour soi-disant "protéger " les enfants a enlevé toute autorité naturelle, de ce fait ni les parents ni les professeurs ne peuvent plus l'exercer sans être eux même sous sanctions. Nous sommes passées de l'enfant, à l'enfant roi à maintenant l'enfant "Dieu". Or l'enfant a besoin de repères. je prends l'exemple de mon fils : Maternelle, instituteur paternalisant et mou, qui exigeait aux parents de rentrer dans la classe pour lire une histoire à leur enfant pour ne pas traumatiser l'enfant d'une rupture trop brutale le matin ... le premier parent qui partait entrainait des pleurs de son enfant qui déteignait sur tous les enfants ... "éducation positive "... L'année suivante, je l'ai changé d'école : l'instit accueillait tous les parents le jour de la rentrée, elle avait tracé une ligne dans la cour devant la classe. On visitait la classe brièvement avec l'enfant puis on ressortait et c'était ensuite l'heure de cours. Tous les enfants se mettait en rang derrière la ligne et les parents partaient. Ils n'avaient plus le droit de franchir la ligne ni même de rentrer dans l'enceinte de l'école hormis sur RDV. On laissait nos enfants à la barrière. Mon fils alors en maternelle trépignait qu'on lui ouvre la barrière le matin pour rentrer dans la cour de l'école et voulait me prendre chaque matin une paire de boucles d'oreilles pour les offrir à sa maitresse qu'il adorait. Son plaisir d'aller à l'école a duré tout son primaire. Au collège (garde alternée) son père l'a inscrit en CHAM (classe musicale), bilan : trouble du comportement pendant 4 ans . Classe d'élite ou chaque parent veut briller même si les enfants ne sont pas voués à être musicien et échec scolaire par bavardage, manque de travail et comportement qui frise l'insolence. Seconde avec changement d'école où il s'est plu . Ecole qui n'accepte qu'une fois un comportement inadapté, au deuxième l'enfant est viré. Les règles sont claires et mon fils les a parfaitement comprises, il y a fait toute sa scolarité. Le même étudiant pourtant ... et en internat ! Le téléphone et le sommeil n'étant pas géré durant l'année le WE par le père, (je ne voyais plus mon fils c'est plus cool chez Papa) le cerveau n'a pas pu être performant même si il a rattrapé quelques lacunes durant l'année. On lui a proposé une première STMG ce que le père a approuvé ... Et mon fils a enfin tenu tête au père et a réclamé un redoublement dans la même école , toujours en internat . Etant professionnelle de santé, je repère les parents débordés par les enfants qui se collent l'étiquette TDAH, HPI et je cadre les enfants lorsque je sens que je rends service au parent qui ne va pas aller contre mes dires et demande à l'enfant de se taire et de rester en place sur sa chaise sans bouger, et lui dit qu'il est juste mal élevé, que ses parents sont trop gentils et que TDAH, HPI ne sont pas une excuse, que moi aussi je le suis mais que mes parents m'ont appris les bonnes manières. La mode de me too, de TDAH etc reste une mode et change la grille de lecture sans penser aux conséquences. Ainsi les enfants se tuent dans les écoles et tuent leurs professeurs. On envisage des portiques pour les couteaux et des fouilles à l'entrée des écoles, on ne sait qu'inventer chaque jour ... Pourtant ma grand mère était institutrice et mon grand père aussi , à l'époque des classes uniques avec 45 élèves par classe et tous avec un couteau ... car ils venaient avec leur gamelle, il n'y avaient pas de cantine. La plupart des parents étaient illettrés et les gamins sortaient tous avec leur certificat d'étude et une magnifique écriture , pas besoin de spécialistes en tout genre. On ne sait plus faire pourtant on le savait . A l'époque l'enseignement et les techniques d'enseignements étaient éprouvées, on recherchait l'excellence, on peaufinait et on travaillait ! Tout à la main, sans ordinateur, imprimante, internet, c'était uniformisé en France, chaque école enseignait la même chose au même moment. Depuis les vacances et le plaisir, et les "mous du genou" ont pris le pas, et les enfants sont devenus "objet marketing" . Les solutions sont simples aussi faut-il les appliquer et ne pas avoir peur et ne pas se laisser déposséder de l'éducation de nos enfants et remettre les enseignants dans leur rôle avec les bons outils. Nos enfants seront nos professionnels de demain, pour l'instant c'est plutôt inquiétant ... mais ce qui est aussi inquiétant c'est la pédocriminalité et le fait de placer les enfants , certains sans raison valable. On dépossède les parents de leurs enfants au moindre prétexte, c'est ainsi que j'ai préféré laisser mon fils à son père sans intervention de justice pour le moment pour le retrouver ensuite sans la case placement . C'est grave ! Bonne lecture et merci de cette interrogation qui m'a permis, j'espère, de soulever quelques points pour nourrir votre réflexion.
  28. Bevilacqua
    Bonjour Je pense que les cases sont délétère. Elles empêchent de prendre ses responsabilités et de grandir. Les mots impliquent des maux qui cache notre être.
  29. Perez
    Bjr ,Rodolphe . Bravo pour cette lettre . Cela me rappelle une autre sujet , j’ai été dépressive et on m’a dit être Bi -polaire , il est vrai que dans la société, il faut se démarquer mais les choses simples de la vie ne sont -elles pas plus valorisantes. Merci
  30. Doris J.
    Entièrement d’accord avec votre analyse. C’est une nouvelle prison sociale qui aura un revers même si pour l’instant cela a un air de « liberté » individuelle sociale. C’est exactement cela et je le remarque dans mon entourage que c’est maintenant une cage pour les enfants dont il sera difficile de sortir , une identité qui donne de la sécurité alors qu’elle occasionne ( je parle de l’expérience autour de moi) une souffrance. Être étiqueté ne donne pas de sortie de la souffrance , elle la justifie et parfois même accuse l’entourage de ne pas y être adapté. ( on en parle pas beaucoup ) alors il faut maintenant des structures spécialisées ou finalement ,comme dirait la sage Yvette , on ne se rend pas compte à quel point le moule, parfois la bêtise nous guette , on y est toujours entre nous. Les séries télé vont aussi dans le sens de cette promotion. Tout le monde veut avoir des troubles pour sortir d’une partie sociétale qui n’est plus adaptée et où beaucoup de gens ne s’y retrouvent plus. C’est plus facile de s’en sortir en étant pas de notre faute qu’avoir le courage de dire que ce model doit être recréé. Le fait de vouloir se sentir supérieur ma fois .. aucun génie créatif connu n’a jamais eu ce sentiment .. ils étaient trop occupés dans leur passion ou travail.. c’est les ego malades qui souhaitent une chose pareille.

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