Chers amis,

Il y a une chanson de Bénabar que j’aime particulièrement : c’est « La petite monnaie ».

Voici son refrain :

« Les repas le dimanche midi

Comme j’sais plus qui disait

Le bonheur ça s’trouve pas en lingots

Mais en petite monnaie »

Cette chanson du siècle passé (déjà !) pourrait ne plus du tout parler à la génération de mes enfants et de mes petits-enfants.

Dans vingt ans, ils me demanderont : « mais… Papa (ou Papy)… c’est quoi des lingots ?… Et c’est quoi la petite monnaie ?… »

L’assèchement de l’argent liquide

Vous avez peut-être remarqué qu’il est devenu plus difficile, de nos jours, de trouver des distributeurs de billets. 

Depuis les années 1980, une série d’inventions a commencé à concurrencer l’argent liquide, avec une brusque accélération ces toutes dernières années : il y a d’abord eu la carte à puce, les terminaux de paiement… puis le sans-contact et les applications comme lydia ou twint, où l’on paye avec son téléphone.

Toutes ces inventions ont peu à peu ringardisé l’argent liquide.

L’argent dématérialisé est une évidence si l’on doit payer quelque chose sur internet.

Mais dans la vraie vie ? Désormais, lorsque je fais mon marché, je vois de plus en plus de gens sortir leur téléphone et scanner un QR code pour régler 10 euros de légumes.

C’est beau de vivre au XXIè siècle… mais vivre au XXIè siècle consiste-t-il à être irrémédiablement dépendant d’un smartphone pour :

  • Régler ses factures ;
  • Payer son boulanger ;
  • Justifier de son « statut vaccinal » (le pass sanitaire/vaccinal de sinistre mémoire, en sommeil actuellement – mais pour combien de temps ?) ;
  • Et très bientôt justifier de son identitécomme cela a été annoncé en mai dernier par le gouvernement[1].

D’outil de communication, le smartphone est devenu notre vie sociale, notre « pass » pour la santé, pour prendre le train… notre porte-monnaie… et bientôt notre vie tout court.

Je suis étonné que posséder un smartphone et l’avoir sur soi en permanence ne soit pas devenu obligatoire, comme le fait d’avoir sur soi sa pièce d’identité.

C’est une question de temps, sans doute.

Car la dématérialisation de l’argent et la question de l’identité sont étroitement liées, à dessein.

Le grand banditisme numérique

La raréfaction de l’argent liquide n’est pas principalement la conséquence du progrès technologique, comme la baisse du flux de courrier papier, concurrencé par l’e-mail, dont je vous parlais il y a peu.

C’est une démarche voulue et orchestrée, non seulement par votre banque, mais par les banques centrales étatiques, et les décideurs économiques et politiques.

Ça n’est pas un mystère, et c’est assumé.

L’ultime argument, c’est de porter le coup de grâce au grand banditisme.

Et, de fait, on a du mal à voir comment des films comme Le Cerveau, dans lequel Belmondo et Bourvil cherchent à mettre la main sur des transferts de fonds pléthoriques de l’OTAN, pourrait être fait aujourd’hui : à présent, pour transférer de tels fonds, il suffit d’appuyer sur un bouton.

L’argument du banditisme est donc hypocrite : de nos jours, les malfrats ne sont plus des bandits de grand chemin arrêtant des diligences, ce sont des hackers détournant des flux d’argent dématérialisé, et de puissants hommes d’affaire capables de faire des investissements douteux et du blanchiment d’argent numérique !

En d’autres termes, ce n’est pas la dématérialisation de l’argent qui va mettre fin à la pratique du hold-up ou du pickpocket !

Le vol d’argent prend d’autres formes, et le pire, c’est que non seulement nous nous faisons faire les poches virtuellement, mais avec notre consentement !

Car, de fait, ne plus avoir d’argent liquide, ni sur soi, ni sous son matelas, et faire dépendre d’outils exclusivement numériques votre accès à vos fonds vous expose.

Vous expose à quoi ?

A ce qu’un jour, vous ne puissiez plus rien faire, ni bouger, ni payer – ni avec votre téléphone, ni en vous connectant à votre compte : vos accès seront coupés car, du jour au lendemain, c’est vous qui serez considéré comme un bandit.

Comptes bancaires gelés parce qu’ils ne sont pas d’accord

Ne riez pas : c’est ce qui s’est passé avec les opposants à la politique vaccinale de Justin Trudeau, au Canada, il y a quelques mois. En février, des centaines de comptes bancaires liés au fameux « convoi de la liberté » ont été gelés[2].

Autrement dit, des citoyens ordinaires se sont vus traités comme des bandits et interdits d’accéder à leur propre argent parce qu’ils avaient exprimé leur opposition à la politique sanitaire du gouvernement.

Et si cela vous arrive à vous, demain, parce que vous n’avez pas « obéi » aux injonctions, légitimes ou non, de votre propre gouvernement, je peux vous assurer que vous compterez la monnaie qu’il reste au fond de vos poches pour savoir combien de temps vous pouvez survivre et résister.  

Or nous allons à grands pas, joyeusement, vers le fond de cet entonnoir numérique où tout, absolument tout, sera géré depuis un smartphone : votre santé, vos économies, vos contacts.

Je vous parle de tout cela aujourd’hui, parce que je m’inquiète de voir mes semblables devenir de plus en plus inconscients, dociles, sur ces questions, et hypnotisés par leur smartphone dans le bus, dans le métro, dans la rue, à table en famille.

Ils sont tous là, la tête baissée, ravis que les quelques centimètres carré rétro-luminescents de leur écran deviennent le centre grandissant de leur vie, leur permettant à la fois de jouer, de consommer des vidéos de façon compulsive, et de faire leurs achats.

Bref, que leur smartphone soit à la fois la source de leur divertissement, et de leur asservissement.

L’argent est une dimension clé de cet asservissement. Je vous ai écrit sur ce sujet aujourd’hui, mais je ne le referai pas.

En revanche, si ces questions d’argent, de contrôle, et de liberté vous intéressent, je vous incite vivement à lire Elie Bauer.

Il écrit sur ce phénomène de dématérialisation de l’argent et ce qu’il signifie et annonce ; il écrit, également, sur l’inflation : comment elle est créée artificiellement, et pas du tout pour les raisons invoquées par les médias (la guerre en Ukraine a bon dos !).

Elie Bauer est un peu un « repenti de la finance » qui souhaitait que les conseils en investissement ne soient plus réservés à une élite déjà bien lotie ; pour lui le chemin de l’indépendance financière est accessible à tous, à condition d’investir et de suivre les bons conseils.

Pour moi, je vous avoue que les questions économiques n’ont jamais été mon fort, mais Elie Bauer explique tout ça avec beaucoup de simplicité et de brio. Vous pouvez découvrir ses lettres en cliquant ici.

Portez-vous bien,

Rodolphe Bacquet

[1] Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre). 18.05.2022. Une application mobile d’identité numérique bientôt disponible. https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A15658

[2] Dupas A (22.02.2022). Le gouvernement canadien a bien gelé des comptes bancaires liés aux blocages du convoi dit « de la liberté ». https://www.rtbf.be/article/le-gouvernement-canadien-a-bien-gele-des-comptes-bancaires-lies-aux-blocages-du-convoi-dit-de-la-liberte-10938125